Actualisé 26.10.2014 à 07:46

Moyen-Orient

Le Front al-Nosra menace d'exécuter des soldats

La branche syrienne d'al-Qaïda a menacé d'exécuter dimanche matin des soldats libanais qu'il retient si l'armée libanaise ne cessait pas ses combats à Tripoli.

Samedi, l'armée avait délogé du centre historique de Tripoli des hommes armés libanais sunnites soupçonnés d'avoir fait allégeance à al-Nosra. Ces violents combats ont tué un civil et un combattant, fait une vingtaine de blessés et ravagé une partie des anciens souks.

Mais ces hommes armés se sont réfugiés dans un autre quartier sunnite de Tripoli, où de violents combats se poursuivaient dimanche matin, a constaté l'AFP. De violents affrontements ont aussi lieu dans la localité de Bhannine, à 10 km au nord de Tripoli. Au total, six soldats ont trouvé la mort à Tripoli et ses environs, selon l'armée.

Risque d'«escalade»

«Nous mettons en garde l'armée libanaise contre une escalade militaire visant les sunnites à Tripoli», écrit le Front al-Nosra dans un communiqué.

«Nous l'appelons à lever le siège (des combattants) et à entamer une solution pacifique, sinon, nous serons amenés dans les prochaines heures à en finir avec le dossier des soldats otages chez nous, vu qu'ils sont des prisonniers de guerre», ajoute le groupe jihadiste. «La première exécution des otages se fera ce dimanche à 10H00 (09H00 suisses», a-t-il menacé.

Depuis début août, al-Nosra tout comme l'Etat islamique (EI) retient comme otages 27 soldats et policiers libanais capturés lors de combats contre l'armée dans l'est du Liban frontalier de la Syrie.

Retrait du Hezbollah

Les jihadistes, de confession sunnite, réclament le retrait du mouvement chiite libanais Hezbollah de Syrie - où il combat aux côtés des forces du régime. Ils accusent l'armée libanaise d'être sous la coupe de ce parti. Ils réclament aussi un échange avec des prisonniers islamistes détenus au Liban, ce que Beyrouth refuse.

Le conflit en Syrie a avivé les tensions au Liban où les sunnites soutiennent leurs coreligionnaires en Syrie qui combattent le régime, et les chiites, dont le Hezbollah, qui défendent le président Bachar al-Assad.

Tripoli, déjà minée par les répercussions du conflit syrien depuis plus de trois ans, connaît régulièrement des heurts sanglants entre des sunnites partisans de la rébellion et des alaouites (branche du chiisme) sympathisants du régime de Bachar al-Assad. (ats)

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