Dangereux détenu en fuite: «Le fugitif devait faire une sortie pique-nique»
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Dangereux détenu en fuite«Le fugitif devait faire une sortie pique-nique»

Les autorités neuchâteloises ont fait le point sur l'affaire du détenu en fuite. L'homme effectuait une sortie, avec un pique-nique à la clé.

Le canton de Neuchâtel ne veut pas porter seul la responsabilité de l'évasion lundi d'un assassin et violeur. Il a affirmé que l'autorité bernoise avait autorisé cette promenade accompagnée. En attendant, les sorties sous forme de congé et de conduite ont été suspendues.

«Je nourris une forte inquiétude et une frustration», a dit mercredi le conseiller d'Etat neuchâtelois Jean Studer alors que le criminel évadé lundi était toujours en fuite. Le chef de la justice a expliqué devant la presse que l'autorité bernoise était au courant de cette sortie agendée lundi. Les deux parties connaissaient pourtant la dangerosité de cet homme.

Feu vert de Berne

Ce n'était d'ailleurs pas la première sortie accompagnée de ce détenu, a ajouté Jean Studer. L'autorité bernoise ne s'est pas opposée à de telles promenades au nom des raisons humanitaires, s'est étonné le conseiller d'Etat neuchâtelois.

La direction de la prison de Gorgier (NE) a transmis vendredi 24 juin un fax aux responsables bernois sur les modalités de la conduite accompagnée de lundi. Le canton de Berne a été informé qu'une femme faisait partie des deux agents de détention chargés d'accompagner ce criminel. Mais pour lui, cette présence féminine pouvait avoir un effet thérapeutique sur un violeur récidiviste.

Mauvaise compréhension

Le conseiller d'Etat socialiste n'a pas écarté l'hypothèse que la direction de Gorgier et les autorités bernoises n'aient pas eu la même interprétation de cette notion de promenade accompagnée. «Il a pu y avoir un problème de compréhension». La définition de promenade accompagnée peut différer selon les concordats auxquels se réfèrent Berne et Neuchâtel.

«Je voudrais être sûr que l'on a parlé de la même chose», a déclaré M. Studer. Les agents de détention qui accompagnaient ce criminel n'étaient pas armés et le fugitif n'était pas menotté. La balade dans le canton de Vaud devait durer de 10h00 à 14h00 en présence d'un accompagnant de l'Armée du Salut. «Il s'agissait de partager un repas tiré du sac dans les pâturages», selon le chef de la justice.

Les autorités bernoises ont rappelé à plusieurs reprises la dangerosité de cet homme depuis son transfert à Gorgier. Elles s'étaient dans un premier temps opposées aux sorties accompagnées inscrites dans le plan d'exécution avant d'en accepter le principe. Ce détenu a donc déjà effectué plusieurs sorties qui n'ont pas connu de problèmes.

Plus de sorties

Le conseiller d'Etat Jean Studer déposera au Conseil d'Etat une demande d'ouverture d'enquête administrative pour tenter de cerner les responsabilités et répondre aux questions en suspens. En attendant, les sorties sous la forme de conduite, de congé ou de permission ont été suspendues et seront réévaluées.

Les autorités neuchâteloises n'ont pas pu donner des détails sur les circonstances de cette évasion dans la campagne vaudoise. Comme il y a eu agression sur l'un des deux agents, l'enquête a été confiée au Ministère public vaudois, seul habilité à donner des informations sur cet aspect de l'évasion.

Aucune piste

Le commandant de la police cantonale neuchâteloise André Duvillard a expliqué que les policiers ont cherché la trace du fugitif au sein de sa famille, ainsi qu'auprès d'anciens co-détenus. Mais sans succès pour le moment. L'homme, qui a passé plus de 40 ans en prison, a pu quitter la Suisse. «Il peut se trouver n'importe où». (ats)

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