Crise de la dette: Le G20 exige que la zone euro agisse
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Crise de la detteLe G20 exige que la zone euro agisse

Réunis à Mexico, les grands argentiers de la planète ont demandé dimanche à l'Europe de se décider sur le renforcement de son bouclier contre la crise de la dette.

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a notamment rencontré le ministre des Finances japonais, Jun Azumi

La directrice du FMI, Christine Lagarde, a notamment rencontré le ministre des Finances japonais, Jun Azumi

Les pays du G20 ont lancé dimanche à l'Europe un appel ferme à se décider sur la dimension de son bouclier contre la crise de la dette. Objectif: que les Vingt-Sept ne relâchent pas leur effort même si les tensions sur les marchés financiers se sont apaisées.

Le renforcement du pare-feu européen est «essentiel» avant que les ressources du Fonds monétaire international (FMI) soient renforcées, ont estimé les ministres des Finances du G20 réunis en sommet à Mexico, selon le communiqué final qui devait être publié tard dimanche soir et dont Reuters a pu consulter une copie.

Les grands argentiers de la planète ont réfléchi ce week-end à la manière d'éviter une propagation de la crise de la dette souveraine européenne à l'ensemble de l'économie mondiale, qui remettrait en question une croissance déjà fragile. En combinant les ressources existantes et de nouveaux financements, ils entendent porter à près de 2000 milliards de dollars le pare-feu entourant la zone euro.

Fermeté

Cette réunion tombe quelques jours avant un sommet de l'UE, jeudi et vendredi, qui doit notamment discuter la dimension du Mécanisme européen de stabilité (MES) prévu pour entrer en vigueur en juillet. Le ministre allemand Wolfgang Schäuble a laissé entendre que la décision ne serait pas prise cette fois-ci, indiquant que la zone euro se donnait tout le mois de mars.

Certains pays, comme la Chine ou le Japon, ont estimé que la décision par la zone euro elle-même de mobiliser davantage de fonds serait «essentielle» avant qu'ils ne décident à leur tour d'offrir davantage de fonds au FMI.

L'Allemagne et d'autres pays européens plaidaient pour que cette contribution soit qualifiée «d'importante». Le Britannique George Osborne a lui aussi fait preuve de fermeté: «nous sommes prêts à réfléchir à un renforcement des ressources du FMI, mais seulement une fois que nous aurons vu la couleur de l'argent de la zone euro, et nous ne l'avons pas vue», a-t-il dit à Sky TV.

Maîtriser les risques de contagion

Lors de leur prochaine réunion, au mois d'avril, les pays du G20 entendent convenir d'un pare-feu financier de près de 2000 milliards de dollars afin d'empêcher la crise européenne de la dette de se propager et de menacer la reprise mondiale.

Ceci constituerait l'effort le plus ambitieux depuis la crise financière de 2009, lorsque le G20 avait dégagé 1000 milliards de dollars pour sauver l'économie mondiale.

Pour de nombreux partenaires de la zone euro, il revient en effet d'abord aux dirigeants européens de mettre en place les moyens nécessaires pour maîtriser les risques de contagion de la crise de la dette, en combinant par exemple les capacités de prêts de ses deux mécanismes de stabilité financière, le MES et le Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Ceci porterait leur puissance de feu combinée à 750 milliards d'euros. Les pays du G20 seraient alors plus enclins à répondre à l'appel du FMI, qui souhaite plus que doubler ses capacités d'intervention en levant 600 milliards de dollars de ressources supplémentaires. Additionnées, toutes ces mesures permettraient de créer un pare-feu financier mondial de l'ordre de 1950 milliards de dollars.

Souplesse allemande

Un responsable gouvernemental allemand proche de la chancelière Angela Merkel a cependant estimé dimanche que le MES disposait déjà des fonds adéquats et que Berlin ne voyait pas l'utilité d'une combinaison du MES et du FESF.

A Mexico, toutefois, les négociateurs présents au sommet du G20 ont laissé entendre un autre son de cloche, celui d'une Allemagne plus souple.

«Tout le monde dans la zone euro et même dans l'union européenne est raisonnablement satisfait de voir une combinaison du MES et du FESF, même l'Allemagne, mais il est trop tôt pour dire qu'on en décidera au sommet européen de début mars», a déclaré Margrethe Vestager, ministre des Finances du Danemark, pays qui préside actuellement l'Union européenne.

(ats)

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