Tuerie de chevaline (F) - Le gardé à vue est le motard aperçu sur les lieux du crime
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Tuerie de chevaline (F)Le gardé à vue est le motard aperçu sur les lieux du crime

La procureure d’Annecy a prolongé mercredi soir la garde à vue de ce témoin, qui avait déjà été entendu en 2015, après avoir été recherché durant plus de deux ans.

L’identité de l’homme entendu depuis mercredi matin dans le cadre de la mystérieuse tuerie de Chevaline, un quadruple meurtre survenu en septembre 2012, au sud du lac d’Annecy demeuré inexpliqué, est désormais connue. Ainsi que le rapporte «Le Dauphiné libéré», qui développe une information de BFM TV, il s’agit du motard qui avait déjà été interrogé en 2015 après avoir été recherché durant deux ans et demi. Tard mercredi soir, la procureure de la république d’Annecy a annoncé que sa garde à vue était prolongée. Elle porte sur des «vérifications de l’emploi du temps».

Le lendemain du crime, en septembre 2012, la gendarmerie française barrait l’accès de la route forestière de la Combe d’Ire, à Chevaline (F).

Le lendemain du crime, en septembre 2012, la gendarmerie française barrait l’accès de la route forestière de la Combe d’Ire, à Chevaline (F).

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Le fameux motard est un chef d’entreprise marié et domicilié dans la région lyonnaise, où des perquisitions ont été menées à son domicile. Le jour des faits, il avait croisé la route d’un cycliste qui allait, quelques minutes plus tard, découvrir la scène de crime distante de quelques centaines de mètres. Des gardes forestiers l’avaient également repéré.

En 2013, un portrait robot de cet homme casqué avait été très largement diffusé. Il n’avait été identifié qu’en mars 2015. Ce potentiel témoin avait alors déclaré être venu faire du parapente dans le secteur. Il avait indiqué n’avoir rien vu ni rien entendu, affirmant au surplus ignorer qu’il était recherché. Décrit alors comme au-dessus de tout soupçon, il avait été laissé libre.

Il avait finalement été entendu à nouveau le 30 septembre 2021, à l’occasion d’une remise en situation judiciaire diligentée à Chevaline par la nouvelle procureur chargée des faits, Line Bonnet. Avec trois autres témoins, ils avaient été priés de se repositionner à l’endroit où ils avaient déclaré se trouver au moment des faits, le but étant que les enquêteurs puissent se livrer à des opérations de chronométrage de déplacements pour déceler d’éventuelles incohérences dans les dires des uns et des autres.

L’avocat du motard a déclaré mercredi à France Télévisions que son client était victime d’une erreur judiciaire et vivait un calvaire.

Quatre morts, deux survivantes et un mystère

Le 5 septembre 2012, peu avant 16h, un cycliste découvrait sur un parking de Chevaline, dans une combe forestière du sud du lac d’Annecy, les corps criblés de balles de Saad al-Hilli, un ingénieur britannique d’origine irakienne, de sa femme et de sa belle-mère. La famille était en vacances dans la région. Leurs deux fillettes d’alors 4 et 7 ans, dont l’une grièvement blessée, avaient quant à elles survécu. Un quatrième corps avait été retrouvé sur la scène de crime: celui de Sylvain Mollier, un cycliste savoyard domicilié à quelques kilomètres de là. Jusqu’à présent, ce quadruple homicide n’a jamais été élucidé. Les enquêteurs ignorent notamment qui, de la famille de touristes ou du cycliste local, était la cible principale du tueur.

Un statut de suspect

L’avocat de l’homme placé en garde à vue, Me Jean-Christophe Basson-Larbi, a confirmé que son client était bien le motard dont le portrait robot avait été diffusé en 2013. Il s’est exprimé ce jeudi matin face aux caméras du «Dauphiné libéré». Il a estimé que «le signal juridique» donné à son client était: «le suspect, c’est toi. Il est passé du statut de témoin à celui de suspect.» L’homme de loi a fustigé la «violence inouïe» du processus, expliquant que le motard répondait aux questions «dans une détresse abyssale. Evidemment qu’il proteste de son innocence, qui était acquise. Il n’a jamais été mis en cause.» Il a encore précisé ne pas encore avoir eu accès au dossier et a affirmé avoir «la conviction» que l’homme qu’il défend est «parfaitement innocent».

Le portrait robot diffusé en 2013.

Le portrait robot diffusé en 2013.

(jef)

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