Tennis: Le gâteau pour Roger, la cerise pour Stan
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TennisLe gâteau pour Roger, la cerise pour Stan

Le Bâlois et le Vaudois sont en vacances après une saison aussi belle qu'éprouvante. Retour sur leur parcours en 2015.

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Il y a comme un goût d'inachevé pour le tennis masculin helvétique en cette fin de saison 2015. Roger Federer a manqué son troisième grand rendez-vous de l'année dimanche en finale du Masters, subissant comme à Wimbledon et à l'US Open la loi d'un Novak Djokovic trop costaud pour lui.

Le Bâlois a ajouté six titres à son palmarès, qui comprend désormais 88 trophées. Depuis 2007, dernière année dans laquelle il a fêté trois triomphes en Grand Chelem (8 sacres au total), il n'a fait aussi bien qu'en 2012. Il avait également remporté six tournois il y a trois saisons de cela, mais avait alors conquis son 17e et jusqu'ici dernier titre majeur sur le gazon de Wimbledon.

En 2015, il lui manque la cerise sur ce copieux gâteau. Les deux succès fêtés face à Novak Djokovic au stade ultime de la compétition (à Dubaï et dans le Masters 1000 de Cincinnati) ne masquent pas la terrible réalité: il nourrit désormais face au Serbe quasiment le même complexe d'infériorité que quelques années plus tôt face à Rafael Nadal.

Un amour fou et beaucoup d'appétit

Roger Federer aime toujours le tennis, à la folie, et il est désormais acquis qu'il jouera jusqu'en 2017. Voire plus si affinité. Il a toujours faim de victoire, et son immense talent lui permet de croire en un exploit majeur. Mais la haine viscérale de la défaite qui l'animait dans ses plus belles années - et est l'une des grandes forces de Novak Djokovic - s'est bel et bien évaporée.

A Wimbledon, à New York et au Masters, Roger Federer ne semblait même pas trop déçu d'avoir manqué de réelles opportunités face à un Novak Djokovic simplement plus solide. On en viendrait presque à regretter son attitude de l'Open d'Australie 2009, où le Bâlois avait fondu en larmes sur le court après une défaite en cinq sets face à Rafael Nadal en finale.

La cerise pour Stan sur terre battue

Cette cerise, c'est Stan Wawrinka qui l'a croquée à pleines dents ce printemps à Roland-Garros. Le Vaudois s'est adjugé son deuxième «Major» en battant, comme lors de l'Open d'Australie 2014, le no 1 mondial en exercice en finale. Une finale dans laquelle il a livré le match de sa vie, brisant le rêve de Grand Chelem calendaire d'un Novak Djokovic pourtant très en forme.

Stan Wawrinka a moins de «magie» dans son jeu que Roger Federer, encore capable à 34 ans d'inventer des coups. Il n'a pas la même facilité sur le plan technique que le Bâlois, et n'aura probablement jamais la même constance dans les grands événements.

Le Vaudois est un besogneux, qui s'est construit peu à peu dans l'ombre de son aîné pour faire désormais partie des cinq meilleurs joueurs du monde. Il lui arrivera probablement toujours de connaître des jours sans lorsqu'il n'aura pas la tête - et le coeur - au tennis. Mais son énorme rage de vaincre devrait lui permettre de renverser à nouveau des montagnes. (ats)

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