Japon: Le gouvernement approuve la dissolution de la Diète

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JaponLe gouvernement approuve la dissolution de la Diète

Le Premier ministre japonais Taro Aso a dissous mardi la chambre basse du Parlement en préalable à des élections législatives anticipées, agendées au 30 août.

Ce scrutin pourrait déboucher sur un changement radical du paysage politique de la deuxième économie mondiale.

La dissolution de la Chambre des députés, décidée par M. Aso suite à la cuisante défaite de sa formation aux élections municipales de Tokyo le 12 juillet, a été approuvée par l'empereur Akihito et prononcée mardi en session plénière, accueillie aux cris de «Banzai» (Longue vie) par les députés, comme le veut la tradition.

Le gouvernement a ensuite entériné la date du 30 août pour les élections chargées de désigner les 480 députés qui nommeront à leur tour un nouveau Premier ministre. Au Japon, le poste suprême revient traditionnellement au chef du parti qui obtient la majorité à la Chambre des députés, qui est la chambre basse du Parlement.

La fin d'une ère ?

Le Parti démocrate du Japon (PDJ), principale formation de l'opposition, est crédité d'une large avance dans les intentions de vote. Sa victoire le 30 août mettrait fin à près d'un demi-siècle d'hégémonie du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir et à la paralysie actuelle du Parlement, dont la chambre haute est déjà contrôlée par l'opposition.

Une défaite du PLD aux législatives semblait impensable il y a encore peu, étant donné l'énorme influence de ce parti qui a su tisser des liens étroits avec les grands conglomérats et les lobbys agricoles et s'assurer le soutien de millions de fonctionnaires depuis sa naissance en 1955.

Pendant ces cinq décennies, qui ont vu le Japon renaître de la défaite et s'élever au rang de seconde puissance économique mondiale, le PLD n'a cédé le pouvoir que pendant dix mois, en 1993- 94, au profit d'une coalition éphémère de plusieurs groupes d'opposition. Aujourd'hui, c'est la première fois qu'il se trouve face à un adversaire de taille et non plus à une mosaïque de petites formations.

Le PLD se retrouve en perte de vitesse depuis le départ du très populaire Premier ministre Junichiro Koizumi, en 2006. Trois Premiers ministres lui ont depuis succédé, à un an d'intervalle, sans réussir à endiguer la désaffection des électeurs.

Un programme moins libéral

Yukio Hatoyama, le leader du parti d'opposition PDJ, a promis de briser le monopole des bureaucrates sur l'administration et la vie politique au Japon. «Il s'agit d'un vote révolutionnaire important en vue de créer un nouveau Japon dont les politiques seront menées par des politiciens», a dit M. Hatoyama, mardi devant la presse.

M. Hatoyama, héritier d'une riche dynastie d'hommes politiques souvent comparés aux Kennedy, a ajouté vouloir «accomplir une mission historique». Le PDJ a promis d'adopter une politique économique et sociale moins libérale, en réduisant les gaspillages de l'argent public et en redistribuant le revenu national en direction des zones rurales et au profit des plus pauvres.

Aggraver la dette publique ?

De nombreux investisseurs voient l'alternance d'un bon oeil, mais certains craignent que les projets démocrates ne creusent une dette publique déjà vertigineuse.

«A court terme, l'espoir qu'une victoire démocrate mette fin à la paralysie parlementaire et permette de réformer en douceur l'emportera sur les craintes liées à l'incertitude», confirme Noritsugu Hirakawa, stratège chez Okasan Securities.

«A long terme, il y a des doutes sur la façon dont les démocrates vont financer leur programme social et cela pourrait peser sur le marché», ajoute-t-il. (ap)

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