Mühleberg (BE): Le gouvernement bernois pour un arrêt en 2022
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Mühleberg (BE)Le gouvernement bernois pour un arrêt en 2022

L'avenir de la centrale nucléaire bernoise est en discussion. Cette prise de position figure dans le contre-projet à l'initiative «Mühleberg à l'arrêt» qui vient d'être mis en consultation.

Les Bernois se prononceront sur l'avenir de la centrale.

Les Bernois se prononceront sur l'avenir de la centrale.

Pour la première fois en Suisse, un canton fixerait une date-butoir pour l'arrêt d'une centrale nucléaire existante. Indépendamment du contre-projet et des délais fixés, la centrale devrait être mise à l'arrêt rapidement si la sécurité n'était plus garantie, a assuré mercredi le gouvernement bernois.

Concertation avec les FMB

Le contre-projet prévoit que l'arrêt de cette centrale en activité depuis 1972 soit pris en accord avec les Forces motrices bernoises (FMB), société qui exploite le site. Les FMB approuvent globalement le contre-projet. L'entreprise table actuellement également sur l'horizon 2022 pour arrêter cette installation.

L'initiative «Mühleberg à l'arrêt» a été déposée en février 2012 par un groupe de citoyens après la catastrophe de Fukushima. Elle demande que le canton, actionnaire majoritaire de la société FMB Energie SA, veille à l'arrêt immédiat de la centrale nucléaire.

Responsabilité du canton

Mais un arrêt immédiat de la centrale pourrait entraîner des coûts importants pour le canton de Berne, a affirmé l'exécutif. Celui-ci ne peut en effet pas ordonner une fermeture immédiate. Il devrait l'imposer en sa qualité d'actionnaire majoritaire des FMB.

Comme les membres du conseil d'administration chargés par le canton de mettre en oeuvre cette décision n'agiraient pas dans le sens du profit de l'entreprise, la responsabilité du canton face aux autres actionnaires serait engagée. Les prétentions en dommages et intérêts pourraient se chiffrer en centaines de millions.

Sortie du nucléaire

Sur le fond, le contre-projet du gouvernement vise le même objectif que l'initiative: en tant qu'actionnaire majoritaire, le canton de Berne veillera à une mise à l'arrêt aussi rapide que possible de la centrale nucléaire de Mühleberg. Contrairement à l'initiative, la date en serait toutefois fixée en accord avec FMB Energie SA.

Avec ce contre-projet, le gouvernement estime qu'il concrétise sa politique énergétique qui prévoit une sortie ordonnée du nucléaire. Le texte fait l'objet d'une procédure de consultation jusqu'à fin mai. Le gouvernement adoptera ensuite le texte à l'intention du Grand Conseil.

Barrage du lac de Wohlen

S'agissant de la sécurité, l'Office fédéral de l'énergie (OFEN) a répété que le barrage à la sortie du lac de Wohlen (BE), à quelque 1300 mètres de la centrale, pouvait résister à un séisme comme il en survient tous les 10'000 ans. Une assurance également donnée par l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).

Greenpeace avait affirmé en février, sur la base d'études de deux experts, que Mühleberg n'offrirait pas toutes les garanties en cas de tremblement de terre. L'organisation écologiste estime que les rapports réalisés par les FMB et avalisés par les autorités fédérales sont lacunaires. (ats)

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