Outremer: Le gouvernement calédonien se disloque et chute
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OutremerLe gouvernement calédonien se disloque et chute

La vente d’une usine de nickel à un consortium international auquel le géant suisse Trafigura prend part a suscité une controverse telle que cinq membres du gouvernement ont démissionné.

Les manifestations générées par la vente de l’usine de nickel se tiennent depuis plusieurs mois à Nouméa, capitale (chef-lieu)  de la Nouvelle-Calédonie.

Les manifestations générées par la vente de l’usine de nickel se tiennent depuis plusieurs mois à Nouméa, capitale (chef-lieu) de la Nouvelle-Calédonie.

AFP

Le gouvernement de coalition de la Nouvelle-Calédonie, archipel français du Pacifique Sud largement autonome, est tombé mardi après la démission des indépendantistes appartenant à l’Exécutif, qui ont dénoncé «l’impasse et l’immobilisme» dans l’archipel, où la vente d’une usine de nickel est devenue un enjeu politique.

Les indépendantistes du front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) disposent de cinq membres de l’Exécutif sur 11 et leur démission, présentée dans une lettre au chef du gouvernement Thierry Santa entraîne de facto une chute du gouvernement de coalition, élu par le Congrès.

L’une des raisons invoquées par le FLNKS est le «processus de vente» de l’usine de nickel du groupe brésilien Vale «qui fait primer les intérêts des multinationales sans considération des aspirations des populations locales».

La vente de cette unité industrielle à un consortium calédonien et international où figure le géant suisse Trafigura, pourrait aboutir le 12 février.

Vente soutenue par Paris

Soutenue par l’Etat français, cette vente soulève un tollé dans la mouvance indépendantiste et a été à l’origine d’une flambée de violence en décembre. L’usine est à l’arrêt après avoir été prise d’assaut par des émeutiers le 10 décembre et elle est, depuis, la cible d’exactions permanentes.

Les indépendantistes mettent aussi en cause «le retard dans le vote du «budget primitif» de l’île, qui a été reporté à mars, ainsi que «la dynamique institutionnelle en panne et le consensus qui est de moins en moins la règle».

L’Avenir en Confiance (AEC), coalition des principaux partis non indépendantistes dont est issu le président du gouvernement, Thierry Santa, a fustigé «une décision incohérente, irresponsable et dangereuse».

«En provoquant une crise institutionnelle en pleine période de gestion de la crise sanitaire, d’une possible crise budgétaire ainsi que des tensions économiques et sociales fortes, les indépendantistes font peser un immense risque sur l’ensemble de la Nouvelle-Calédonie», a déclaré dans un communiqué la coalition AEC.

Un nouveau gouvernement devra être élu dans un délai de 15 jours. La chute du gouvernement intervient quatre mois après un référendum sur l’indépendance en octobre, remporté d’une courte tête par les pro-français (53,3%) et qui a exacerbé les tensions entre communautés Kanak, le peuple premier et Caldoches d’origine européenne. Le troisième et dernier référendum du processus de décolonisation pourrait avoir lieu d’ici à 2022.

La Nouvelle-Calédonie, archipel français de 270’000 habitants dans le Pacifique-sud, colonisé en 1853, est aujourd’hui en partie autonome. Il reste stratégique pour ses importantes réserves de nickel.

(AFPE)

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