Espagne: Le gouvernement fautif du meurtre d'une prof?
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EspagneLe gouvernement fautif du meurtre d'une prof?

La mort d'une femme de 26 ans, tuée par un récidiviste, a déclenché une tempête politique sur la question des peines infligées aux meurtriers.

Les élèves de l'école où la jeune femme enseignait lui on rendu hommage cette semaine.

Les élèves de l'école où la jeune femme enseignait lui on rendu hommage cette semaine.

EPA

A la Une des médias espagnols depuis plusieurs jours, le meurtre d'une jeune professeure par un récidiviste continuait de provoquer des secousses politiques jeudi en Espagne. Agée de 26 ans, Laura Luelmo, qui enseignait les arts plastiques en Andalousie, dans le sud du pays, a été retrouvée morte lundi, cinq jours après avoir quitté son domicile pour faire du sport.

Un voisin de 50 ans a été arrêté mardi. Récidiviste, il avait été par le passé notamment condamné à 17 ans de prison pour avoir tué, en 1995, une voisine octogénaire à coups de couteau. Selon un porte-parole de la Garde civile, le suspect a avoué le crime et l'autopsie «a révélé que (la victime) avait été agressée sexuellement».

Polémique sur une peine de prison permanente

Ce meurtre a déclenché une tempête politique en Espagne où le quotidien «El Mundo» représentait jeudi dans un dessin le chef du gouvernement socialiste Pedro Sanchez et celui de l'opposition de droite Pablo Casado (PP) se faisant des peintures de guerre avec le sang de Laura Luelmo, avant de s'invectiver.

La polémique s'est focalisée sur la «prison permanente révisable», peine qui permet de laisser derrière les barreaux pendant au moins 25 ans les coupables de graves crimes avant d'envisager leur remise en liberté et qui peut se muer en réclusion à perpétuité.

Mercredi, Pablo Casado a ainsi attaqué frontalement Pedro Sanchez au Parlement en défendant cette mesure prise en 2015 par un gouvernement PP et contre laquelle le Parti socialiste, alors dans l'opposition, avait introduit un recours devant la justice. Pablo Casado a ainsi jugé que cette peine était «la meilleure formule pour éviter les récidives et pour faire en sorte que les assassins et violeurs soient où ils doivent être, en prison».

Pedro Sanchez lui a répondu que son gouvernement allait «prendre des mesures pour la sécurité des femmes», ce qui pourrait passer par le renforcement de la surveillance des personnes libérées après avoir été condamnées, en particulier pour viol.

«Tu ne pourrais pas être plus bête»

Antonio del Castillo, le père d'une jeune fille dont le corps n'a jamais été retrouvé et dont le meurtre en 2009 avait fait couler beaucoup d'encre en Espagne, s'en est pris à Pedro Sanchez sur Twitter. Alors que le chef du gouvernement avait souligné sur ce réseau social que «la prison permanente révisable n'a(vait) malheureusement pas permis d'éviter le meurtre de Laura», Antonio del Castillo lui a répondu, dans un tweet devenu viral : «Tu ne pourrais pas être plus bête».

(nxp/afp)

(NewsXpress)

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