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HondurasLe gouvernement ferme deux médias pro-Zelaya

Le gouvernement du Honduras a fait fermer lundi une station de radio et une télévision favorables au président déchu Manuel Zelaya.

Celui-ci a appelé la communauté internationale à réagir «immédiatement» à cette mesure qui pourrait conduire selon lui à sa propre disparition.

Les émissions de Radio Globo se sont tues vers 05h30 du matin. Des policiers et militaires ont investi les locaux de la station située dans le centre de Tegucigalpa, a constaté une journaliste de l'AFP. Non loin de là, les locaux de la chaîne de télévision Cholusat Sur ont également été investis par la police.

Ces mesures font suite à la publication d'un décret qui suspend la liberté d'expression pendant 45 jours et autorise le gouvernement à fermer tout média jugé coupable de «troubles à la paix». Il suspend également pendant 45 jours la liberté d'expression, d'association et de circulation et interdit tout rassemblement non autorisé par les forces de l'ordre. Il permet des arrestations sans mandat.

Menace sur Zelaya

Le président déchu Manuel Zelaya, qui parlait régulièrement à ces deux médias, a peu après appelé la communauté internationale à «réagir immédiatement» face à cette situation, qui pourrait conduire selon lui à sa propre disparition.

«Ils ont fait taire les seules voix du peuple hondurien. Ils tuent notre esprit, de manière cruelle et inhumaine», a-t-il déclaré. «La communauté internationale doit réagir immédiatement avant que le meurtre d'un dirigeant se produise».

L'intervention de l'armée contre ces deux médias a précédé de quelques heures une manifestation de partisans de Zelaya, qui n'ont en définitive été que 500 environ à se réunir dans le centre de la capitale, encadrés par les policiers.

Manuel Zelaya a été renversé par un coup d'Etat militaire le 28 juin et, après plusieurs semaines d'exil, a trouvé refuge la semaine dernière à l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa, un retour qui a accru les tensions dans le pays.

Des centaines de policiers anti-émeutes et de soldats sont restés déployés autour de la représentation brésilienne pendant toute la semaine, tandis que Zelaya appelait ses partisans à manifester pour demander son rétablissement à la présidence.

(ats)

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