Le gouvernement palestinien d'union a été investi
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Le gouvernement palestinien d'union a été investi

Gaza - Le premier gouvernement d'unité nationale a obtenu la confiance du Parlement palestinien samedi.

Le cabinet, qui réunit les islamistes du Hamas et les nationalistes laïcs du Fatah, a d'emblée appelé à la fin de l'isolement international.

Le vote a été acquis par 83 voix contre 3, lors d'un vote organisé simultanément au Conseil législatif palestinien (CLP) à Ramallah, en Cisjordanie, et à Gaza. En tout, 86 élus ont participé à ce vote sur un total de 132. Quatre parlementaires étaient absents, et 41 sont détenus par Israël.

Le Hamas dispose de 12 portefeuilles, dont celui du premier ministre, sur un total de 25. Le Fatah en compte six. Sept autres ministères, dont les Finances, les Affaires étrangères et l'Intérieur, ont été attribués à des personnalités considérées comme «indépendantes» ou relevant de petites formations. Les ministres ont prêté serment en fin d'après-midi.

Déclarations discordantes

Avant le vote, le président Mahmoud Abbas (Fatah) et le premier ministre du Hamas Ismaïl Haniyeh ont prononcé des discours à la tonalité discordante sur les relations avec Israël.

Le président de l'Autorité palestinienne a insisté sur la recherche de la paix, réaffirmant son soutien au plan de la Ligue arabe qui propose une paix globale avec Israël si l'Etat juif se retire de tous les territoires occupés depuis 1967.

Le premier ministre a proclamé pour sa part le droit de son gouvernement à «résister sous toutes ses formes» à l'occupation israélienne «permanente». Il a ajouté que son cabinet tenterait de «consolider et d'élargir» une fragile trêve israélo-palestinienne en vigueur depuis novembre dans la bande de Gaza.

Israël ne collaborera pas

Israël n'a pas tardé à réagir: estimant que le futur cabinet palestinien apportait son soutien au «terrorisme», il a réaffirmé qu'il n'était pas question de travailler avec lui.

«La ligne politique que nous avons entendue ce matin inclut spécifiquement que la résistance constitue le moyen de parvenir à un Etat palestinien. Or la résistance, c'est le terrorisme. Nul ne devrait se méprendre à ce sujet», a réagi Miri Eisin, porte-parole du premier ministre Ehud Olmert.

«Nous ne travaillerons pas avec ce gouvernement. Ce gouvernement ne reconnaît pas notre existence, il ne reconnaît pas les traités et, plus important, il ne renonce nullement au terrorisme», a-t- elle ajouté, reprenant les trois exigences fixées par le Quartette des médiateurs internationaux (Etats-Unis, Union européenne, Nations unies et Russie).

Issu de l'accord conclu le mois dernier à La Mecque, le gouvernement d'unité est censé mettre un terme aux violences qui opposent les factions palestiniens et ont fait plus de 90 morts depuis décembre. L'autre priorité sera d'obtenir un allègement de l'embargo imposé par l'Occident après l'arrivée au pouvoir du Hamas, il y a un an.

«Cette union nationale a été saluée par les nations arabes et la communauté internationale, et nous espérons que cela se transformera par des mesures concrètes pour lever ce siège», a dit samedi M. Abbas.

Contacts en vue

L'Union européenne et les Etats-Unis hésitent pour leur part à reconsidérer leur boycottage économique et politique des Palestiniens, indiquant qu'ils souhaitent étudier le programme du cabinet d'union.

Les Etats-Unis devraient maintenir leur embargo, mais un responsable de l'administration a déclaré vendredi que Washington laisserait la porte ouverte à des contacts officieux avec Salam Fayyad, le ministre des Finances.

La France a d'ores et déjà invité le nouveau ministre des Affaires étrangères, Ziad Abou Amr, à se rendre à Paris. Londres envisage pour sa part d'autoriser des contacts avec les ministres n'appartenant pas au Hamas.

(ats)

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