Actualisé 24.05.2007 à 18:29

Le gouvernement veut en finir avec les «terroristes»

Le gouvernement libanais a promis jeudi de venir à bout des «terroristes» islamistes retranchés dans le camp palestinien de Nahr al-Bared.

Peu après ses déclarations, de nouveaux combats ont eu lieu malgré la trêve annoncée mardi.

Le premier ministre Fouad Siniora a assuré qu'il s'emploierait à éradiquer le terrorisme. «Nous n'accepterons pas que l'on porte atteinte à l'autorité de l'Etat, du gouvernement et de l'armée», a- t-il averti à l'intention des combattants du Fatah al-Islam, que les forces libanaises combattent dans la région de Tripoli, dans le nord du pays.

«Nous ne céderons pas face au terrorisme», a-t-il ajouté dans un discours diffusé à la télévision. Le premier ministre, issu de la majorité antisyrienne, a toutefois promis de protéger les réfugiés palestiniens.

Islamistes en fuite

Avant lui, le ministre de la défense Elias Murr a exclu mercredi soir toute négociation avec les islamistes du Fatah al-Islam. Il les a sommés de se rendre ou de faire face à une intervention militaire.

Premier chef de la diplomatie d'un pays occidental à être dépêché au Liban depuis le début des combats dimanche, le Français Bernard Kouchner a déclaré être venu exprimer «la solidarité et l'attachement» de Paris au Liban.

Jeudi, une vedette de l'armée libanaise a coulé des canots pneumatiques avec à leur bord des islamistes qui tentaient de fuir Nahr al-Bared situé sur les rives de la Méditerranée. L'armée a refusé de préciser si les soldats avaient fait des prisonniers ou récupéré des corps.

La moitié des réfugiés hors du camp

Le Fatah Al-Islam, accusé d'être lié au réseau Al-Qaïda et d'être utilisé par les renseignements syriens pour déstabiliser le Liban, a déjà subi la perte de son numéro deux, «Boumédiene». La Syrie, l'ancienne puissance tutélaire du Liban, a nié tout lien avec ce mouvement.

Dans le camp, les combats ont brièvement repris en soirée malgré la trêve entrée en vigueur mardi, après trois jours de combats, les pires depuis la fin de la guerre civile en 1990. L'armée a indiqué avoir «riposté à des tirs dirigés contre elle à partir du camp».

Des réfugiés ont continué à quitter les lieux. Environ la moitié des 40 000 habitants ont réussi à fuir les combats, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ils se sont rendus dans le camp tout proche de Baddaoui, la grande ville de Tripoli ou les villages environnants.

Bombardements critiqués

Le CICR s'apprêtait à distribuer 200 tonnes de vivres aux réfugiés de Nahr al-Bared, soumis au feu croisé de l'armée et des combattants du Fatah al-Islam et à la détérioration alarmante de leurs conditions humanitaires.

Au total 19 islamistes ont été tués dans les combats, ainsi que 30 soldats, 19 réfugiés palestiniens et un civil libanais.

Les bombardements de l'armée sur le camp ont été critiqués par Amnesty International et ont provoqué la colère de la communauté palestinienne du Liban. Aux termes d'un accord conclu en 1969, l'armée libanaise n'est pas autorisée à pénétrer dans les douze camps de réfugiés palestiniens du Liban.

Attentats

Mais le représentant de l'organisation de libération de la Palestine (OLP) au Liban, Abbas Zaki, a averti que son organisation ne s'opposerait pas à une décision du gouvernement d'envoyer l'armée dans le camp.

De son côté, le leader druze Walid Joumblatt, membre de la coalition au pouvoir, a exhorté le Fatah et le Hamas, les principales factions palestiniennes, à agir contre le groupuscule islamiste à Nahr al-Bared. Le président palestinien Mahmoud Abbas a répondu que les autorités palestiniennes n'avaient rien à voir avec ce groupuscule.

Le Liban, déjà en proie à une grave crise politique liée à la création d'un tribunal international sur l'assassinat de l'ex- premier ministre Rafic Hariri, connaît aussi une nouvelle vague d'attentats à la bombe. Le dernier a frappé Aley, à l'est de Beyrouth mercredi soir.

NOTE: lead, 8e et 9e paragraphes actualisés après la reprise des combats.

(ats)

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