Actualisé

Fonction publique vaudoiseLe gouvernement veut la nouvelle grille salariale en décembre

Les négociations sur la nouvelle grille salariale arrivent à bout touchant, selon le Conseil d'Etat vaudois qui fait pression pour introduire le système en décembre.

Les négociations sur la nouvelle grille salariale de l'Etat de Vaud arrivent à bout touchant. Le Conseil d'Etat veut l'introduire dès décembre. Les syndicats ont appelé à descendre dans la rue pour défendre les intérêts des perdants du système.

«Le Conseil d'Etat est très attaché à Decfo/Sysrem. Mais il faut être deux pour le mettre en oeuvre: l'Etat employeur et les syndicats, enfin au moins un syndicat qui signe le texte», a expliqué mardi à la presse le conseiller d'Etat Pascal Broulis.

32 millions en décembre

En basculant dans le nouveau système en décembre déjà, les 27 000 employés de l'Etat pourront toucher cette année encore la première tranche de revalorisation salariale, soit 32 millions de francs. Decfo-Sysrem prévoit 80 millions en tout: 10 millions de 2009 à 2012 et 8 millions en 2013.

«Nous pensons que c'est pas mal d'argent. Certains seraient contents que cela aboutisse en décembre prochain», a-t-il glissé à l'attention des syndicats. Pour tenir ce calendrier, il faudra qu'un syndicat signe l'accord final «au plus tard début novembre», car aucun effet rétroactif n'est possible.

Pas un ultimatum

«Ce n'est pas un ultimatum, mais une date butoir», a dit Pascal Broulis. «Il faut savoir si on veut passer le cap ou pas. S'il n'y a pas de signature, l'alternative sera peut-être de travailler sectoriellement sur 10 ou 20 ans». Les employés seront informés dès vendredi individuellement de leur future situation salariale.

Le président du Conseil d'Etat a rappelé les avantages de Decfo- Sysrem, un système complexe qui est «à des années lumière du salaire au mérite». Plus d'un employé sur deux (57 %) bénéficiera d'un rattrapage, c'est-à-dire qu'il gagnera plus. Ce rattrapage sera étalé sur 6 ans, entre 2008 et 2013.

Enseignants de gymnase pénalisés

Douze pour-cent des collaborateurs actuels auront un salaire plafonné, contre 40 % actuellement. Dans une période transitoire, les professions pénalisées, comme les enseignants du secondaire et du gymnase ou encore les secrétaires ou les taxateurs, bénéficieront d'un montant supplémentaire de 28 millions de francs.

Ces propositions ne suffisent pas aux syndicats. «Aucune solution acceptable n'a été trouvée pour les milliers de perdants», a dénoncé le Syndicat des services publics (SSP). «Soit le Conseil d'Etat cède, soit il nous retrouvera en grève et dans la rue».

Bilan global

Le ton est plus mesuré auprès de la FSF, la Fédération des sociétés de fonctionnaires. «Nous allons consulter nos associations pour savoir qui gagne et qui perd. Puis nous ferons un bilan global», a expliqué Béatrice Métraux, secrétaire générale.

Jacques Daniélou salue la revalorisation des instituteurs qui est de l'ordre de 300 000 francs sur une carrière. Mais cela s'est largement fait au détriment d'autres employés, comme les enseignants de gymnase qui peuvent perdre jusqu'à 400 000 francs.

Dans la dernière ligne droite des négociations, les syndicats, FSF comprise, tentent de tirer un maximum de concessions du Conseil d'Etat pour améliorer le sort des perdants du système. Fin janvier, une manifestation de la fonction publique avait attiré 10 000 à 12 000 personnes. Elles n'étaient plus qu'un millier le 15 mai.

(ats)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!