«La belle saison»: Le grand amour au féminin entre ville et campagne
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«La belle saison»Le grand amour au féminin entre ville et campagne

Habituée des rôles d'homosexuelles, Cécile de France récidive dans «La belle saison», de Catherine Corsini.

par
Catherine Magnin

C'est l'histoire d'une fille de paysans, Delphine (Izïa Higelin, César du Meilleur jeune ­espoir féminin 2013 pour «Mauvaise fille»), que ses parents s'inquiètent de ne pas voir mariée. On est en 1971, époque où il ne fait pas bon être homosexuelle, surtout à la campagne. Excédée, Delphine file à Paris, où elle découvre les premières féministes, leurs réunions, leurs slogans. Et Carole (Cécile de France), enseignante et militante.

Entre les deux femmes, l'amour devient peu à peu une évidence. Quand Delphine doit retourner à la ferme, Carole la suit. Mais les cancans commencent, le scandale menace, ce dont Carole se fiche éperdument. Pas Delphine.

«La belle saison», c'est «Brokeback Mountain» dans le Limousin», déclarait Cécile de France dans une interview à «Télérama». Il y a aussi de «La vie d'Adèle» dans le film de Catherine Corsini, qui n'hésite pas à montrer les corps dans l'expression de leur sexualité, même si c'est de manière moins crue.

Avec le film de Kechiche, «La belle saison» partage aussi le thème de la différence sociale comme obstacle à la relation amoureuse. Comme si ville et campagne n'étaient pas solubles l'une dans l'autre. Le soin apporté à la reconstitution de l'époque, jamais appuyé, parfois cocasse, souligne cette donne, sans prendre le pas sur l'essentiel: une superbe histoire d'amour, éphémère et inoubliable.

«La belle saison»

De Catherine Corsini. Avec Cécile de France, Izïa Higelin, Noémie Lvovsky.

Sortie le 19 août 2015

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