Crise du lait: Le Grand Conseil solidaire des paysans en colère

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Crise du laitLe Grand Conseil solidaire des paysans en colère

Le Grand Conseil vaudois a massivement voté mardi une résolution de soutien aux paysans en colère contre la baisse du prix du lait.

D'autres interventions parlementaires sont prévues dès la semaine prochaine, après débat au sein du groupe agricole du Parlement.

La colère paysanne s'est invitée mardi au Grand Conseil vaudois, avec une modification de l'ordre du jour demandée par les groupes UDC et A Gauche Toute!. Pour donner un signal fort, la formation de gauche a retiré sa résolution au profit de celle des agrariens.

Prix équitables

«Les paysans n'obtiennent plus des prix équitables pour la commercialisation de leurs produits. Ils touchent à peine 60 centimes pour un litre de lait alors qu'ils recevaient 1 franc il y a 15 ans», a dit l'agriculteur-viticulteur Pierre-Yves Rapaz (UDC).

Les députés sont conscients que la solution réside au niveau national ou européen. Mais ils ont tenu à marquer leur solidarité avec ceux qui descendent dans la rue. La résolution a été votée par 107 voix, sans opposition. Vingt élus se sont abstenus, en raison de divergences de forme.

Tourne pas rond

Cette crise affecte directement plusieurs députés. «Il n'est pas facile de laisser partir le lait dans le creux à lisier», a témoigné Jean-Luc Chollet (UDC), dernier agriculteur de Lausanne. «Si les paysans quittent leurs champs ou leurs domaines pour manifester, c'est que quelque chose ne tourne pas rond».

Les intervenants ont pointé du doigt la Confédération et les Chambres fédérales, l'Office fédéral de l'agriculture et les grands transformateurs et distributeurs. Mais ils ont aussi critiqué les divisions entre paysans et les organisations de la branche qui maîtrisent mal ou pas du tout les volumes de production.

Crise de liquidités

Pour Jean-Luc Chollet, les paiements directs ont montré leurs limites. «La plupart des agriculteurs sont aujourd'hui en crise de liquidités». «Pour une même production mensuelle en août 2008 et 2009, il me manque cette année 1800 francs», a-t-il expliqué.

Le conseiller d'Etat Philippe Leuba a expliqué qu'il «comprenait» l'inquiétude de la profession. Il a salué la proposition du groupe agricole du Parlement d'entendre, mardi prochain, les responsables du secteur avant de proposer une intervention parlementaire «qui dépasse les simples déclarations d'intention».

Plus que des paroles

«Les agriculteurs attendent plus que des paroles. Le travail du groupe agricole pourra déboucher sur une action auprès de la Confédération», a-t-il dit. A ses yeux, on ne peut «faire fi des responsabilités de la profession» mais «le cadre légal doit aussi tenir compte des conditions de production en Suisse, plus chères qu'à l'étranger».

(ats)

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