Actualisé 09.07.2014 à 23:11

Cyclisme

Le grand favori au tapis

Vainqueur du Tour en 2013 et pressenti pour la victoire finale cet été, Chris Froome a dû se résoudre à l'abandon.

de
Jean-Philippe Pressl-Wenger, Arenberg

Il était 15 h 40, mercredi, lorsque le corps de Chris Froome a dit «stop». Déjà handicapé par une chute survenue la veille, il avait pris le départ avec une attelle sur le poignet gauche et une confiance en berne. Après seulement 29 km, le leader de l'équipe Sky a fait brutalement connaissance avec le bitume belge. Une cinquantaine de bornes plus loin, Froome tombait une nouvelle fois, cette fois sur son côté droit. Incapable de marcher correctement, éraflé de partout, le Britannique a encore tenu son bras droit, visiblement blessé, avant de se glisser avec peine dans une voiture.

Tout le peloton a logiquement regretté que le Britannique ait dû quitter le Tour prématurément. Pour Sky, cet abandon constitue plus qu'un coup dur, c'est une décapitation. Forcé de propulser Richie Porte dans le rôle de leader, le directeur sportif, Dave Brailsford, doit se mordre les doigts de ne pas avoir convié Bradley Wiggins sur la Grande Boucle. Des incompatibilités d'humeur ont, semble-t-il, motivé ce choix. Les Anglais, tous deux titrés en France, ne ­s'apprécieraient pas.

Triple vainqueur du Tour, Greg Lemond avait mis Sky en garde au moment de l'annonce de la sélection. «C'est un grand risque de se priver de Wiggins, et ils vont le regretter, avait ­prophétisé l'Américain, citant même l'étape des pavés comme le moment où la malchance frapperait. «Ils auraient pu viser les deux premières places au général», a encore ajouté Lemond, qui imaginait que Chris Froome pouvait tomber sur les pavés. Il n'est finalement même pas arrivé jusque-là...

A Vincenzo Nibali la bonne affaire!

On attendait Fabian Cancellara, mais le Bernois, ­finalement 5e, a dû laisser la vedette à Vincenzo Nibali (3e). L'Italien, maillot jaune sur les épaules, a survolé les secteurs pavés de la 5e étape, hier. Parmi les favoris, le «Requin de Messine» était pourtant le seul à ne pas avoir reconnu ces tronçons atypiques. «Je fais pas mal de VTT, a détaillé le leader du Tour. Ce n'est pas tout à fait aussi glissant que les pavés, mais ça m'a peut-être aidé. J'ai été surpris par ma performance, je m'attendais à ce que des coureurs comme Peter Sagan ou Can­cellara attaquent pour me prendre le maillot jaune.» Grâce au tour de force d'hier, Nibali compte 2'37'' d'avance sur Alberto Contador (19e).

Le fil de la course

Une poignée de ­courageux ont rapidement faussé compagnie au peloton. Mais sur les routes détrempées, les chutes ont vite chamboulé la ­situation et même provoqué l'abandon du favori Froome. Les fuyards ont été repris à 28km du but et une nouvelle course s'est alors engagée. En tête, le maillot jaune, Nibali, et deux de ses coéquipiers ont accéléré dès qu'ils ont appris que Contador était en difficulté. Les spécialistes des pavés, dont Cancellara, ont d'abord suivi. Mais sur l'accélération suivante, seul Lars Boom s'est accroché. Dans le dernier secteur, le Néerlandais, ancien spécialiste de cyclocross, s'est arraché pour s'offrir sa première victoire détape sur le Tour.

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