Presse pendulaire: Le grand frère de «20 minutes» fête ses 10 ans

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Presse pendulaireLe grand frère de «20 minutes» fête ses 10 ans

Pionnier de la presse quotidienne gratuite en Suisse, le journal «20 Minuten» a été accueilli avec un certain dédain à son lancement. Il est aujourd'hui un titre à succès.

«20 Minuten» est aujourd'hui le quotidien le plus lu du pays et fêtera dimanche son 10e anniversaire.

L'hiver 1999/2000 a été marqué par l'arrivée des gratuits dans le paysage médiatique. Deux éditeurs étrangers étaient sur les rangs pour se lancer en Suisse, le Norvégien Schibsted avec «20 Minuten» et le Suédois Modern Times Group avec «Metropol».

«20 Minuten» a été le premier à paraître le 13 décembre 1999. Il a été suivi par son concurrent «Metropol» le 30 janvier. Etre le premier sur le marché s'est révélé décisif: «Metropol» a été supprimé deux ans plus tard.

Le créateur de «20 Minuten» Sacha Wigdorovits disait alors que «les journaux établis allaient souffrir le plus» de l'arrivée du gratuit. Les faits lui ont donné raison.

Plus de 500 000 exemplaires

Les tirages des plus grands journaux du pays ont diminué pendant que «20 Minuten» augmentait le sien régulièrement. De 100 000 exemplaires à son lancement, il est passé à un tirage de plus de 536 400 exemplaires en 2009. Le titre a été racheté par Tamedia en 2005. Le groupe de presse zurichois détenait alors 49,5% du journal depuis 2003.

A ses débuts, «20 Minuten» n'était disponible que dans la région zurichoise. Sa zone de distribution s'étendait jusqu'à Aarau, Zoug, Rapperswil (SG) et Frauenfeld (TG). Aujourd'hui, le gratuit est aussi distribué dans les régions de Berne, Bâle, Lucerne et St-Gall.

Les rédacteurs en chef se sont succédés rapidement à la tête de «20 Minuten». Il y a d'abord eu Urs Weber. Il est décédé en 2000 à 44 ans. Hanspeter Eggenberger a assuré l'intérim.

Danni Härry lui a succédé en mars 2001, mais le conseil d'administration l'a licencié un jour avant son entrée en fonction. Les administrateurs ont alors nommé Rico Brazerol pour assurer l'intérim. M. Brazerol a démissionné quelques mois plus tard.

Markus Eisenhut a alors repris les commandes. Il a été licencié en novembre 2003. Depuis, c'est Marco Boselli qui occupe le poste.

Proche de l'arrogance

Les journaux traditionnels ont regardé l'arrivée des gratuits avec «une assurance qui frisait l'arrogance», se souvient Sacha Wigdorovits. Au début, Ringier et Tamedia n'ont pas pris les gratuits au sérieux, ajoute le spécialiste des médias Karl Lüönd.

Et il enfonce encore le clou. Tamedia, qui édite le «Tages- Anzeiger», aurait pu racheter le gratuit «100 millions de francs plus tôt». Et de conclure: «Qui n'a pas d'idées a de l'argent.»

Selon Sacha Wigdorovits, «20 Minuten» a plus influencé le paysage médiatique suisse que n'importe quel autre média imprimé depuis la parution du «Blick» il y a 50 ans. Les journaux payants ont perdu des lecteurs et ils ont dû s'adapter.

L'aventure romande

«20 minutes» a débarqué en Suisse romande en mars 2006, quatre mois après son concurrent «Le Matin bleu». Durant trois ans et demi, jusqu'en automne 2009, les caissettes des deux gratuits ont investi, côte à côte, les gares et les principales villes romandes.

«20 minutes» proposait une édition genevoise et une autre pour Lausanne. Comme «Le Matin bleu», il visait un public jeune, de 15 à 35 ans. Avec ses articles courts, il s'adressait tout particulièrement aux pendulaires.

Rapidement, les deux gratuits ont fait leur place en Suisse romande, même s'ils étaient parfois décriés pour leur propension aux faits divers. Fin 2007, ils ont détrôné «Le Matin» orange, journal payant, ex-numéro un en nombre de lecteurs.

Mais la crise des médias et la reprise d'Edipresse par Tamedia ont sonné le glas de cette double présence en Suisse romande. Depuis novembre, les deux gratuits ont fusionné sous le nom de «20 minutes». Il est tiré à 210 000 exemplaires et compte 67 collaborateurs.

(ats)

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