Environnement - Le Grand Genève veut une transition écologique à large échelle
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EnvironnementLe Grand Genève veut une transition écologique à large échelle

Les collectivités publiques du bout du lac estiment que la moitié des émissions de gaz à effet de serre peut être économisée au niveau régional. Pour cela, il faudra convaincre la population.

par
Maria Pineiro
Les autorités veulent agir sur leurs domaines de compétence, comme le chauffage des bâtiments. (image prétexte)

Les autorités veulent agir sur leurs domaines de compétence, comme le chauffage des bâtiments. (image prétexte)

Steeve Iuncker-Gomez/TDG

La bonne échelle pour la transition écologique n’est ni cantonale ni départementale, mais régionale, ont martelé lundi les autorités du Grand Genève lors de la présentation de «Genève en transition». Cette dénomination doit insuffler un «changement de paradigme», a insisté Antonio Hodgers, conseiller d’État genevois chargé du Département du territoire. «Cela signifie que dorénavant, tous les projets seront étudiés à l’aune de la transition écologique», a-t-il explicité.

«Genève en transition» englobera notamment les questions d’aménagement du territoire avec la révision du plan directeur cantonal 2050 afin de le «rendre compatible avec les enjeux environnementaux», ou de développement urbanistique, comme dans le cadre du projet Praille-Acacias-Vernets qui devra répondre «aux objectifs du plan climat cantonal».

Participation citoyenne essentielle

Pour les pouvoirs publics, l’un des grands enjeux de la «mise en musique de la transition écologique» sera de convaincre les habitants. «La démarche doit être comprise et partagée par la population. On ne peut pas l’imposer», a souligné Serge Dal Busco, conseiller d’État genevois à la tête du Département des Institutions, citant l’échec de la loi CO₂ dans les urnes.

Les autorités du Grand Genève sont persuadées que la majorité des citoyens est consciente de l’urgence climatique; «2030, c’est très proche, le travail à accomplir est énorme et complexe», a relevé Serge Dal Busco. Pour Christian Dupessey, maire d’Annemasse (F), il faut pratiquer une «écologie par la preuve. Les gens s’approprient les progrès. Les doutes sur le Léman Express ou sur l’extension du tram en France n’ont pas perduré après la mise en service». Côté helvétique, Antonio Hodgers a, lui, plaidé pour «une écologie de l’espoir, désirable. Il faut se garder de se résumer aux contraintes, à moins de libertés et plus de taxes, mais viser une meilleure qualité de vie et un gain de santé personnelle».

Convaincre au-delà des initiés

Afin de s’adresser à la population dans son ensemble et non pas uniquement aux convaincus, les autorités investiront des événements publics. La prochaine édition du festival Explore qui se tiendra en octobre sera consacrée à la transition. La manifestation invite la population à participer à la création de la ville de demain en proposant 27 événement sur 13 lieux. Mais elle compte également se rapprocher des habitants en collaborant avec les hautes écoles ou l’université. En février 2022, les Assises européennes de la transition énergétique se tiendront à Palexpo.

Une moitié de CO₂ locale

Les responsables politiques du Grand Genève en sont persuadés, l’échelle régionale est la bonne pour agir. «La moitié des émissions de CO₂ dont nous sommes responsables est d’origine locale», a détaillé Antonio Hodgers, citant notamment la mobilité ou la chauffage des bâtiments. «Le reste relève de notre mode de consommation», a-t-il insisté.

Ainsi, si Serge Dal Busco reconnaît une contradiction à demander des efforts aux citoyens tout en laissant opérer des compagnies aériennes à bas coût depuis Cointrin ou a permettre à des commerces de vendre des produits venus de l’autre bout du monde, il a estimé que «la prise de conscience des consommateurs aura des effets sur le marché». Selon le magistrat, il convient d’agir «là où nous avons une prise directe», remarquant que les questions aéronautiques ou de liberté de commerce étaient de compétence fédérale.

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