05.08.2016 à 09:51

Royaume-UniLe grand plongeon de la Royal Bank of Scotland

La banque a dû verser 1,6 milliard d'indemnités au 2e trimestre, conséquence de scandales remontant aux années 1990.

photo: Keystone

La banque britannique Royal Bank of Scotland (RBS) est tombée dans le rouge au 2e trimestre à cause de nouvelles lourdes charges pour des conduites litigieuses, et a prévenu vendredi d'une incertitude «considérable» à venir du fait du Brexit.

Le groupe, détenu à près de 73% par l'Etat britannique, a subi une perte nette de 1,077 milliard de livres (1,39 milliard de francs) entre le 1er avril et le 30 juin, contre un bénéfice net de 280 millions de livres (361,6 millions de francs) à la même époque l'an passé. Il a évoqué notamment des charges liées à divers scandales d'un total de 1,284 milliard de livres (1,66 milliard de francs) lors de ce trimestre.

Ces montants importants comportent de nouvelles indemnisations versées à des clients mécontents dans le cadre du scandale de ventes forcées d'assurances-crédit (PPI), une affaire remontant aux années 1990 qui a déjà coûté plus de 20 milliards de livres (25,8 milliards de francs) au secteur bancaire britannique.

Les frais comportent aussi des provisions liées à une émission d'actions contestée en 2008 et au passage en revue de l'intégrité de prêts immobiliers consentis par sa filiale irlandaise, Ulster Bank RoI.

Cession de Williams & Glyn?

RBS a annoncé par ailleurs qu'elle renonçait à placer en Bourse séparément sa filiale de banque de détail Williams & Glyn, un réseau de 300 agences que l'Union européenne a demandé à RBS de céder d'ici à la fin 2017. La banque a expliqué que la complexité et le coût liés à cette opération lui faisaient renoncer à cette option.

A la place, RBS a indiqueé qu'elle tenait «des discussions positives avec plusieurs parties intéressées» par la reprise de la totalité ou d'une partie de ce réseau. En début de semaine, la chaîne de télévision Sky News avait affirmé que la branche britannique de la banque espagnole Santander avait déposé une offre auprès de RBS pour Williams & Glyn, mais aucune des deux banques n'a confirmé.

Au 2e trimestre, la banque a déploré en outre un déficit opérationnel de 695 millions de livres (897,6 millions de francs), contre un bénéfice opérationnel de 224 millions l'an passé (289,3 millions de francs), mais son produit net bancaire s'est peu ou prou stabilisé à 2,177 milliards de livres (2,81 milliards de francs).

Le Brexit assombrit l'avenir

«Le résultat du référendum britannique sur l'UE a crée une incertitude considérable sur nos marchés principaux et nous continuons d'étudier ses conséquences», a expliqué RBS au sujet de la décision des Britanniques du 23 juin de quitter le bloc européen.

«Dans cet environnement de taux bas et de croissance faible, il sera plus difficile d'attendre nos objectifs à long terme», notamment en ce qui concerne l'amélioration du ratio coût/revenu, a prévenu la banque.

Le résultat du référendum a en outre alourdi de quelque 2 milliards de livres son portefeuille d'actifs risqués. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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