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FranceLe Grand rabbin reconnaît un plagiat

Alors qu'il se retrouve stigmatisé pour avoir copié divers auteurs pour sa thèse, Gilles Bernheim n'est pas prêt à rendre son tablier.

Gilles Bernheim a été élu Grand rabbin en 2008.

Gilles Bernheim a été élu Grand rabbin en 2008.

Gilles Bernheim a exclu mardi soir de démissionner de ses fonctions de Grand rabbin de France, à la suite des accusations de plagiat et d'usurpation d'un titre d'agrégation de philosophie, qu'il a reconnus.

Interrogé sur la réalité de son agrégation de philosophie, M. Bernheim a reconnu au micro de la radio juive Shalom qu'il n'en était pas détenteur, mettant ainsi un terme à une semaine de silence après les révélations faites sur ses différents «emprunts».

«Lorsque vous arrivez à un concours, il peut arriver et c'est ce qui m'est arrivé, alors que les choses étaient très largement bien engagées avec une réussite sinon certaine, en tous les cas probable ou possible, de craquer», a-t-il expliqué.

«Craquer non pas sur une note, mais parce qu'un événement tragique arrive au moment où l'on ne peut pas subir, dans sa vie intime, des événements extérieurs au travail intellectuel. Cela s'est passé ainsi: événement tragique et ensuite on entre dans le déni», a-t-il précisé.

«Le fait non pas de proclamer partout, mais de laisser dire qu'on est agrégé, permet de mettre un pansement sur une blessure qui est très forte et de vivre longtemps après», a-t-il argumenté.

Elu en 2008

M. Bernheim, 61 ans, élu au grand rabbinat de France en 2008 pour un mandat de sept ans, a rejeté toute idée de démission, alors que le débat s'installe au sein de la communauté juive de France.

«Démissionner sur une initiative personnelle relèverait d'une désertion», a déclaré M. Bernheim, rabbin réputé homme d'ouverture et de dialogue.

«Ce ne serait pas conforme à ce que j'ai été dans la vie privée comme dans la vie publique, à savoir un homme qui sait prendre ses responsabilités», a-t-il estimé.

«Mon propos est très clair: je travaille, j'assume chaque jour pleinement ma fonction de Grand rabbin de France», a-t-il insisté.

Il commence par nier

Les ennuis de Gilles Bernheim avaient commencé quand un professeur avait repéré des similitudes troublantes entre son livre «Quarante méditations juives» et des réponses du philosophe décédé Jean-François Lyotard à Elisabeth Weber, publiées en 1996 dans «Devant la loi».

De fil en aiguille, et en croisant des recherches sur internet et en bibliothèque, un universitaire avait porté le coup de grâce au Grand rabbin en publiant sur son blog des extraits entiers empruntés à divers écrivains.

Après avoir nié dans un premier temps, Gilles Bernheim avait reconnu mercredi dernier ces plagiats.

Vendredi, on découvrait par ailleurs que le Grand rabbin ne figurait pas sur les listes des agrégés de philosophie en université, comme il s'en prévalait dans différentes notices biographiques, y compris celle du Who's Who, qu'il avait lui-même rédigée.

L'agrégation permet, au terme d'un concours extrêmement difficile au nombre très réduit de places, d'obtenir le plus haut titre d'enseignement en France. Il permet d'enseigner la philosophie au lycée et, sous certaines conditions, à l'université.

Des accusations surgies lundi soir de nouveaux plagiats dans un essai sur le mariage homosexuel, apprécié des milieux chrétiens et cité en décembre par le pape Benoît XVI, ont accru le sentiment de désastre ressenti au sein de la communauté juive de France, les uns plaidant pour un soutien inconditionnel à Gilles Bernheim, les autres appelant à sa démission. (afp)

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