Lausanne - Le Great Escape n’est pas sorti de l’auberge
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LausanneLe Great Escape n’est pas sorti de l’auberge

Sanctionné pour avoir violé les règles sanitaires en novembre, le fameux pub risque aussi de perdre des aides financières. Une procédure pénale est toujours en cours.

par
Frédéric Nejad Toulami
La terrasse du Great Escape n’a pas pu rouvrir à la mi-avril comme les autres bistrots.

La terrasse du Great Escape n’a pas pu rouvrir à la mi-avril comme les autres bistrots.

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Alors que les cafés et restaurants ont le droit de rouvrir leurs terrasses depuis mi-avril, selon un protocole à respecter, le Great Escape, célèbre bistrot de Lausanne bénéficiant d’une esplanade très prisée, doit patienter jusqu’au 18 juin, avec des conséquences économiques pour les patrons et pour les employés.

«Quelles que soient les décisions rendues par une autorité compétente, les obligations contractuelles d’un employeur vis-à-vis de ses employés subsistent tant que les rapports de travail ne sont pas résiliés.» Porte-parole du Département vaudois de l’économie, Denis Pittet répond ainsi aux questions qui subsistent après la sanction de fermeture de 4 mois qui frappe «Le Great».

Privé d’aide publique

Dénoncé par les autorités de Lausanne après avoir vu une vidéo dévoilant une soirée festive sans respect des mesures de protection Covid-19 en novembre 2020, le Canton de Vaud avait ouvert une procédure administrative. Huit clients ce soir-là avaient ensuite été testés positifs au coronavirus. La décision du Canton est entrée en vigueur en février alors que tous les établissements étaient de toute façon fermés. Mais les conséquences négatives ne se sont pas fait attendre puisque les diverses aides, comme les indemnités pour les cas de rigueur et les réductions de l’horaire du travail (RHT) devraient être supprimées.

Le Service cantonal de l’emploi analyse la situation

«Si un établissement est fermé sur la décision de l’autorité compétente en raison d’une faute commise par les exploitants, il n’a pas droit aux aides publiques durant la période concernée», souligne Denis Pittet. Il précise toutefois que le service juridique du Service cantonal de l’emploi examine actuellement la demande d’indemnités aux RHT pour le Great Escape et devrait rendre une décision «prochainement».

En sanctionnant ainsi les patrons d’un établissement public, le Canton n’a-t-il pas pris le risque de punir indirectement deux fois les employés? «Contrairement à une action pénale, où une contravention est possible, une procédure administrative ne prévoit qu’un avertissement, une fermeture provisoire ou une définitive», explique Frédéric Rérat, chef de la police vaudoise du commerce.

Une procédure pénale est aussi en cours

Les tenanciers du Great Escape, qui n’ont pas voulu répondre à nos questions, sont d’ailleurs toujours sous le coup d’une dénonciation pénale, pour violation des directives fédérales et cantonales ainsi que pour violation de la loi fédérale sur la lutte contre les maladies transmissibles. Premier procureur du Ministère public lausannois, Bernard Dénéréaz nous indique qu’une enquête de police a été menée et que la procédure judiciaire suit son cours.

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