Actualisé 22.06.2015 à 20:33

BruxellesLe «Grexit» semble s'éloigner

La Grèce a une chance de s'entendre avec ses créanciers cette semaine pour éviter le défaut de paiement et un éventuel «Grexit».

Les dirigeants de la zone euro étaient réunis lundi soir à Bruxelles pour examiner de nouvelles propositions de la Grèce, jugées encourageantes mais pas encore suffisantes pour arracher dans l'immédiat un accord qui éviterait un défaut de paiement d'Athènes.

«Mon but est d'avoir un accord d'ici la fin de la semaine. Nous travaillons pour cela jour et nuit», a déclaré le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, à son arrivée à ce sommet extraordinaire.

Pas de décision formelle

«Ce soir, il n'y aura pas de décision formelle, mais ça doit ouvrir la voie à un accord le plus vite possible», a également souligné le président français François Hollande.

Ce sommet a été convoqué du fait de l'impasse des négociations entre la Grèce et ses créanciers, UE et FMI, qui rapprochent chaque jour un peu plus le pays du défaut de paiement.

Athènes doit rembourser quelque 1,5 milliard d'euros au FMI le 30 juin, un paiement qu'elle ne peut honorer sans la reprise de l'aide financière de ses créanciers (7,2 milliards d'euros). Pour cela, un accord est nécessaire avec eux sur une série de réformes et de mesures budgétaires.

Les dernières propositions d'Athènes, envoyées dans la nuit de dimanche à lundi, ont suscité une lueur d'espoir. La Grèce a fait «ses premières vraies propositions depuis de nombreuses semaines», a estimé le président du Conseil européen, Donald Tusk.

Une bonne base

Elles constituent «une base pour reprendre les discussions et obtenir un résultat dans les jours qui viennent», a assuré le patron de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, après une réunion expéditive des ministres des Finances de la zone euro en milieu de journée.

Cette réunion avait été convoquée pour préparer le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des 19 membres de la zone euro qui a débuté vers 17h00 GMT et devait, au mieux, donner une «impulsion politique». «Ca ne peut être qu'un sommet consultatif», a rappelé, lapidaire, la chancelière allemande Angela Merkel, à son arrivée au sommet.

«Le but n'est pas, et n'a jamais été de trouver un accord technique au sommet de la zone euro», a expliqué Preben Aamann, porte-parole du Conseil européen. «L'objectif est d'avoir un débat politique franc entre dirigeants. Cela nourrira, et espérons-le, accélérera ensuite les discussions techniques dans les quelques jours qui restent», a-t-il dit.

Pour aboutir, une nouvelle réunion des ministres des Finances de la zone euro est dans l'air, probablement mercredi ou jeudi, date d'un sommet européen consacré notamment à la question des migrants en Méditerranée.

Vent d'optimisme

En attendant, Athènes espérait obtenir dès lundi soir les encouragements des dirigeants de la zone euro. «Nous nous attendons à un communiqué très positif ce soir, qui soulignera aussi les terrains où les détails techniques devront être résolus dans les quelques jours qui viennent», a déclaré le ministre grec de l'Economie Giorgos Stathakis sur la BBC.

Ce vent d'optimisme a fait bondir les Bourses européennes: Paris et Francfort ont chacune gagné 3,81% lundi tandis que la Bourse d'Athènes s'est envolée de 9%. A New York, l'indice Dow Jones a avancé de 0,58% et le Nasdaq a fini sur un record historique.

Le contenu des nouvelles propositions grecques n'a pas été dévoilé. Mais le Premier ministre Alexis Tsipras a réaffirmé dans la matinée que les «clés d'un accord» avec les créanciers portaient sur le niveau de l'excédent budgétaire primaire, les retraites, le prix de l'électricité et le rétablissement de la «normalité» du droit du travail.

Il n'a pas mentionné en revanche deux points jugés indispensables par la Grèce et encore réaffirmés au long du weekend: un plan d'investissement pour encourager la reprise économique et un programme d'allègement de la dette publique.

7000 manifestants

Sur ce sujet tabou, les dirigeants européens doivent être prêts à faire «leur part du travail», a laissé entendre le secrétaire américain au Trésor, Jacob Lew, qui s'était entretenu dans l'après-midi avec M. Tsipras.

Mais c'est à Bruxelles que le dirigeant de gauche radicale a surtout multiplié les contacts. Il a rencontré en petit comité Christine Lagarde, patronne du FMI, M. Dijsselbloem et M. Juncker, qui joue là volontiers le rôle de médiateur.

Une réunion bilatérale a également eu lieu avec le patron de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, alors que la situation des banques grecques inquiète avec une accélération des retraits des épargnants ces derniers jours.

Le conseil des gouverneurs de la BCE a relevé lundi l'aide d'urgence aux banques grecques et pourrait le faire à nouveau à tout moment si nécessaire, a indiqué une source bancaire grecque.

A Athènes, environ 7000 personnes selon la police se sont rassemblées sur la place Syntagma, demandant le maintien du pays dans l'UE. Certains manifestants brandissaient des drapeaux grecs ou européens. (afp)

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