Actualisé 15.04.2020 à 07:05

Vaud

Le groupe d'entraide d'un jeune confiné cartonne

Un Vaudois de 27 ans souffrant d'une affection chronique des poumons est à l'origine d'une structure qui relie bénévoles et personnes confinées à la maison.

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Le jeune PLR Sebastian Katz (à d) ne sort de chez lui que pour des rendez-vous médicaux. Le socialiste Aurélien Hamouti (à g) s'occupe de ses courses et gère avec lui un groupe qui vient en aide aux personnes confinées.

Le jeune PLR Sebastian Katz (à d) ne sort de chez lui que pour des rendez-vous médicaux. Le socialiste Aurélien Hamouti (à g) s'occupe de ses courses et gère avec lui un groupe qui vient en aide aux personnes confinées.

Guillaume Montini

C'est peut-être un des rares faits positifs induits par la pandémie: dans tous les coins du pays, la solidarité et l'entraide ont fleuri. Des personnes jouissant de toutes leurs capacités physiques consacrent une partie de leur temps aux seniors et aux malades en s'occupant notamment de leurs courses. Sebastian Katz, un Vaudois de 27 ans, ne voulait pas rester passif face à cette vague d'altruisme qui s'est emparée de la Suisse. Mais, il y a un hic: cet employé de commerce en recherche d'emploi souffre de bronchodysplasie, une affection chronique des poumons fréquente chez les personnes nées prématurément. «Au début du mois de mars, j'ai développé des symptômes grippaux. Même si les tests Covid-19 se sont révélés négatifs, mon médecin m'a conseillé de rester confiné», relève le jeune conseiller communal à Pully (VD). Mi-mars, c'est de chez lui, qu'il a lancé un groupe d'entraide sur WhatsApp. «J'ai décidé d'apporter ma pierre à l'édifice en reliant des bénévoles et des personnes a risque basés entre Pully, Paudex et Lutry», explique-t-il.

Une poussée fulgurante

Grâce aux informations distillées sur les réseaux sociaux et les affichettes placardées dans des commerces et pharmacies, le groupe d'entraide a connu une fulgurante croissance. «Quelques 400 personnes sont des bénévoles volontaires et il y a une centaine de bénéficiaires de Lutry à Renens», précise Josua Hotz, un des cinq administrateurs du groupe.

«Sebastian est engagé en politique au PLR et moi au PS, mais nous sommes amis de longue date. C'est tout naturellement que je l'ai rejoint dans cette belle aventure humaine», souligne l'informaticien lausannois Aurélien Hamouti.

Pour des raisons opérationnelles (davantage de proximité et simplification de la centralisation des informations), la structure a été scindée en deux depuis lundi. Désormais, sous la férule de

Sebastian Katz, un groupe d'entraide couvre l'Est lausannois. Un autre, géré par le coach multimedia Josua Hotz, s'étale de la capitale vaudoise à l'Ouest lausannois.

«Jamais, je n'aurais imaginé que cela allait prendre une telle ampleur. C'est une agréable surprise», salue l'entreprenant confiné de Pully.

Bénéficiaires et bénévoles heureux

Avant de se mettre au service de la collectivité, les volontaires doivent prouver leur identité au groupe. Lorsqu'ils sont en action, les volontaires arborent un brassard blanc au bras. La plupart des contacts entre le groupe et les bénéficiaires se fait par téléphone. Hilde, une Vaudoise de 86 ans, a vécu un mois en autarcie grâce à ses réserves alimentaires. Mais jeudi dernier, à court de produits de première nécessité, la veuve qui vit seule a fait appel au groupe d'entraide. «J'ai toujours pensé que notre monde était celui du chacun pour soi. Je suis heureuse de m'être trompée», s'émerveille-t-elle. Même si, par respect des normes sanitaires, il n'y a pas de contacts physiques, les bénéficiaires et les bénévoles sont dans une dynamique de loin des yeux mais près du coeur. «J'ai fait deux courses pour une septuagénaire. Elle était gênée de recevoir de l'aide. Mais pour moi, la solidarité est une normalité», a déclaré une vétérinaire vaudoise de 27 ans.

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