Actualisé 11.10.2009 à 20:21

Irlande du Nord

Le groupe paramilitaire INLA renonce à la violence

L'Armée de libération nationale irlandaise (INLA), un groupe paramilitaire républicain d'Irlande du Nord, renonce à la violence, a annoncé sa branche politique dimanche.

Cette décision coïncide avec la visite officielle de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton sur l'île d'Irlande.

L'INLA «a conclu que la lutte armée devait se terminer et que l'objectif d'une république socialiste de 32 comtés aura plus de chances d'être réalisé par une lutte exclusivement politique», a indiqué Martin McMonagle, représentant de la branche politique du mouvement, le Parti républicain socialiste irlandais (IRSP), selon un communiqué transmis à l'AFP.

L'organisation n'a pas annoncé dimanche qu'elle rendrait ses armes aux autorités, mais elle pourrait le faire par la suite selon les médias irlandais.

«Un heureux développement»

«C'est un heureux développement», a déclaré aux journalistes Micheal Martin, ministre irlandais des Affaires étrangères. Pour M. Martin, c'est le signe que la stabilité politique en Irlande du Nord progresse. «Toute indication provenant d'un groupe qui a été impliqué dans les violences en (Irlande du) Nord et annonce qu'il y met fin est un développement bien venu», a-t-il dit.

Le Sinn Fein, aile politique de l'Ira, s'est réjoui du communiqué de l'Inla tout en notant que cette annonce serait sans doute accueillie avec un certain scepticisme, compte tenu du passé de l'organisation. «Toutefois, si elle est suivie des actes qui sont nécessaires, ce sera un heureux développement», a déclaré Gerry Adams, président du Sinn Fein.

Martin McMonagle, porte-parole du Parti socialiste républicain irlandais (IRSP), allié politique de l'Inla, a confirmé avoir été informé que le groupe avait décrété la fin de la lutte armée.

Cette annonce intervient quelques heures avant une visite de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton en Irlande du Nord destinée à encourager la conclusion du processus de paix dans la province britannique.

L'Irlande, «un modèle du genre»

Hillary Clinton, qui a eu des entretiens à Londres et à Dublin, est attendue lundi à Belfast. Le processus nord-irlandais, a-t-elle dit à l'issue de sa rencontre avec le Premier ministre irlandais Brian Cowen, est un modèle du genre, même s'il reste du chemin à parcourir.

«Il faudra que les dirigeants des deux communautés travaillent ensemble pour faire du gouvernement au jour le jour une réalité et j'ai confiance dans le fait que c'est possible», a-t-elle dit lors de sa conférence de presse à Dublin.

La secrétaire d'Etat américaine a ajouté que le transfert aux autorités biconfessionnelles d'Ulster des compétences en matière de police et de justice était une étape essentielle du processus de paix.

Responsable des pires attaques

L'Inla, qui se situe politiquement à la gauche de l'Ira, a rompu avec celle-ci en 1975 pour devenir l'un des groupes républicains les plus violents de la province. Ses activistes sont liés à divers trafics criminels et ont notamment tué l'homme politique britannique Airey Neave lors d'un attentat à la bombe perpétré à Londres en 1979.

Des enquêtes de police ont récemment impliqué l'INLA dans des affaires de meurtres, de racket et de drogue.

Un accord de paix signé en 1998 entre les anciens adversaires catholiques et protestants a ramené la paix en Irlande du Nord, meurtrie par des violences qui ont fait plus 3.500 morts en trois décennies.

Mais un regain de violence a été observé cette année après les meurtres par balle de deux soldats britanniques et d'un policier en mars, revendiqués par deux groupes dissidents de l'IRA, l'IRA- véritable et l'Ira-continuité.

Dimanche matin, dix policiers ont été blessés au cours d'incidents auxquels étaient mêlés plus de 150 personnes dans le comté d'Armagh, au sud de Belfast, ont rapporté les forces de l'ordre. La foule a attaqué une patrouille, brisant les vitres de plusieurs véhicules de police et frappant des policiers. (ats)

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