Conflit à Gaza: Le Hamas combattra «jusqu'au dernier souffle»
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Conflit à GazaLe Hamas combattra «jusqu'au dernier souffle»

Le Hamas a promis mercredi de combattre l'armée israélienne «jusqu'au dernier souffle» en cas d'offensive terrestre dans la bande de Gaza.

Offensive qui semblait se rapprocher après le rejet de propositions de trêve par Israël.

«Au Hamas, nous sommes prêts à tous les cas de figure et nous combattrons jusqu'au dernier souffle», a déclaré le député Moushir Al-Masri, chef du groupe parlementaire du Hamas. «Israël se lancera dans une véritable aventure s'il se décide à envahir Gaza. Nous leur réservons des surprises», a-t-il menacé.

Cet avertissement a été lancé après le rejet par Israël de propositions de trêve avec le Hamas réclamée par la communauté internationale, au cinquième jour de son offensive meurtrière dans le territoire contrôlé par le mouvement islamiste.

A l'issue d'une réunion, le cabinet de sécurité a annoncé qu'il refusait les propositions de trêve, formulées mardi par l'Union européenne et le Quartette sur le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Russie et ONU).

Tournée de Sarkozy

Le premier ministre du gouvernement de transition Ehud Olmert a affirmé après les discussions que «l'opération n'a pas été lancée à Gaza pour qu'elle se termine avec le même nombre de tirs de roquettes qu'au début de l'offensive».

Le président français Nicolas Sarkozy se rendra lundi en Egypte, en Cisjordanie et en Israël, et mardi en Syrie et au Liban dans le cadre de sa tournée au Proche-Orient, a annoncé mercredi l'Elysée. Auparavant, il doit recevoir jeudi à l'Elysée la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni.

A Washington, la Maison Blanche a affirmé qu'il appartenait au Hamas de faire le premier pas pour un cessez-le-feu en arrêtant ses tirs sur Israël, notant que le président George W. Bush et M. Olmert étaient «sur la même longueur d'onde» sur cette question.

Nouveaux raids

Entre-temps, les raids israéliens et les tirs de roquettes palestiniennes se sont poursuivis, de même que les préparatifs en vue d'une offensive terrestre israélienne.

Dans la soirée, l'aviation israélienne a repris ses bombardements, pour la troisième fois depuis le début de l'opération, des tunnels de contrebande de Rafah, dans le sud de Gaza. Ces frappes ont pour but de stopper l'approvisionnement du Hamas en armes et munitions.

Au total, 393 Palestiniens, en majorité membres du Hamas, ont été tués, et plus de 1900 blessés dans les attaques israéliennes depuis samedi, selon les services d'urgence à Gaza.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a mis en garde que «aussi bien les attaques directes contre des civils que des attaques sans discrimination» constituent des violations du droit humanitaire international.

Les Arabes pour une résolution

Au moins 60 roquettes palestiniennes, selon la police, se sont abattues sur le sud d'Israël, dont quatre à Beersheva, capitale du Néguev, à une quarantaine de km de la bande de Gaza, une distance record. Ces tirs ont fait plusieurs blessés légers, notamment à Ashkelon. Ces tirs de Gaza ont fait depuis samedi quatre morts en Israël, dont un soldat, et plusieurs dizaines de blessés.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui n'exerce plus aucun contrôle sur Gaza d'où ses forces ont été délogées par le Hamas en juin 2007, en a appelé au Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il adopte une résolution imposant un cessez-le-feu.

La Ligue arabe s'est elle aussi prononcée en faveur d'une résolution «contraignante» du Conseil de sécurité exigeant la fin de «l'agression israélienne».

La plupart des leaders arabes reprochent aussi au Hamas de ne pas avoir prolongé la trêve, même sporadiquement violée, conclue avec Israël en juin. Les Egyptiens ont été particulièrement virulents: le Parti national démocrate (PND), au pouvoir au Caire, a lancé accusé le Hamas et ses parrains d'»aventurisme» et d'»irresponsabilité». (ap)

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