Football: Le Haris Seferovic a huit ans et c’est un bon cru
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FootballLe Haris Seferovic a huit ans et c’est un bon cru

L'attaquant de Benfica fête ce mardi les huit ans de son premier match officiel en équipe de Suisse. Il compte désormais 70 sélections et ne veut pas s'arrêter à ses 19 buts.

par
Robin Carrel
Haris Seferovic, en feu avec le Benfica.

Haris Seferovic, en feu avec le Benfica.

AFP

Nous sommes le 23 mars 2013. La Suisse se déplace à Chypre, en qualifications pour la Coupe du monde au Brésil. Ottmar Hitzfeld a lancé Haris Seferovic dès le coup d'envoi, un mois et demi après lui avoir offert sa première sélection, en match amical contre la Grèce. Ces deux parties se termineront sur le score de 0-0. Le Lucernois devra attendre le match retour, au Stade de Genève, pour ouvrir son compteur et sortir la Suisse d'un bien mauvais pas à la 90e (1-0), sur un service de Xherdan Shaqiri.

«Un de mes trois meilleurs souvenirs avec ce maillot, avec le jour où j'ai porté pour la première fois ce tricot et le hat-trick contre la Belgique», a dit l'ancien Xamaxien en début de semaine. Mais ses huit ans en sélection n'ont que rarement été un long fleuve tranquille. Le Champion du monde des moins de 17 ans a quelques fois été conspué par son propre public, pour ses ratés devant le but. Longtemps, il avait même moins de réussites au compteur que son contemporain Fabian Schär, pourtant défenseur central.

«Les sifflets c'est du passé. J'ai mis ça derrière moi»

Haris Seferovic

«Les sifflets c'est du passé. J'ai mis ça derrière moi. Je regarde devant, toujours.» L'attaquant de l'équipe nationale a bien raison. Le football moderne regorge d'exemples de joueurs de pointe, comme lui, qui se sacrifient pour l'équipe, quitte à devenir moins lucides dans la surface de vérité. Cela peut être frustrant, mais c'est le jeu. Sauf qu'avec les années, l'homme a progressé. «Forcément. Je suis plus mature aussi, a-t-il souri devant la caméra de sa conférence de presse donnée via Zoom. Il faut dire que j’ai tellement travaillé… J'ai passé des caps dans tous les domaines. Si on voit le meilleur Seferovic aujourd’hui? Je pense que oui.»

Les chiffres parlent pour lui. Cette saison, il a déjà enfilé 14 perles en Liga NOS, ce qui fait de lui le deuxième meilleur buteur du championnat portugais. Il carbure à un goal toutes les 99 minutes passées sur le pré. Seul le prodige du Sporting Pedro Gonçalves (22 ans) fait mieux. Le Lucernois est en feu, lui qui reste sur six buts et une passe décisive lors des quatre derniers matches. «Sefe» est (re)devenu carrément indispensable à son club. Il a été impliqué sur huit des dix dernières réussites des siens et en a mis huit en 2021. Une année qu'il avait pourtant bien mal commencée: avec le Covid!

«Si on voit le meilleur Seferovic aujourd’hui? Je pense que oui.»

Haris Seferovic

«Quand tu marques souvent, tu as une tellement grosse confiance que tu fais des choses et ça marche»

Haris Seferovic

«Après ma maladie, j’ai été fatigué et ça m'a pris 5-6 matches pour retrouver ma forme, a-t-il dit. Je n'ai pas perdu le goût, donc j'ai toujours pu apprécier celui de la pizza. Mais j'ai souffert de maux de tête pendant six jours et j'ai été très fatigué.» Le rythme est revenu et les buts sont tombés comme des fruits mûrs. «Quand tu marques souvent, tu as une tellement grosse confiance que tu fais des choses et ça marche. C'est la clé. Là, je vais sur le terrain, je joue mon jeu et je sais que les ballons vont arriver. Je sens que je suis meilleur dans les duels, car je mets plus de buts avec la tête. Dans le positionnement aussi... Je sais où je suis, je sais ce que je veux faire.»

Ce qu'il veut faire, en 2021, c'est emmener la Suisse le plus loin possible lors de l’Euro et qualifier directement son pays pour la Coupe du monde 2022 au Qatar. «Tout est possible dans le foot, a-t-il assuré d'une bonne évidence. Si l’Italie est favorite, on a pu voir l’année dernière qu’en jouant à notre meilleur niveau, on arrivait à embêter les plus grands.» Avant les grands, il va falloir prendre six points contre les «petits» Bulgares et Lituaniens cette semaine. Un ou deux doublés de Seferovic et l'affaire ne sera pas loin d'être dans le sac.

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