Tour de Romandie: Le hat-trick de Michael Albasini
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Tour de RomandieLe hat-trick de Michael Albasini

Le Thurgovien a remporté sa 3e étape sur ce Tour de Romandie. A Fribourg, il a cette fois réglé au sprint un petit groupe d'échappés.

par
Robin Carrel
Fribourg
Le Thurgovien jubile sur la ligne d'arrivée à Fribourg.

Le Thurgovien jubile sur la ligne d'arrivée à Fribourg.

Dix ans d'attente pour retrouver un Suisse victorieux d'étape sur la boucle romande et trois d'un coup pour le seul Michael Albasini en 2014! Le coureur de l'équipe Orica-GreenEGDE a une nouvelle fois fait tout juste samedi et s'est offert son troisième succès en quatre jours de course. Si Chris Froome et Simon Spilak se battront dimanche pour le maillot jaune, c'est bien Albasini le grand Monsieur de cette 68 édition du TdR.

«Il sait gagner»

«Avant d'arriver ici, je me disais que gagner une fois ce serait idéal. Là, en remporter trois d'affilée, c'est fou!, s'est exclamé le natif des Grisons juste après la ligne d'arrivée. Vendredi, je n'avais pas les meilleurs jambes lors de l'étape de montagne et, aujourd'hui, j'avais un peu mal au dos. Mais quand j'ai vu qu'on allait pouvoir se disputer la victoire, cela a changé quelque chose au niveau du mental. En plus, je suis en vacances après le Tour de Romandie et ça me permet de me donner au maximum.»

Mercredi, après le premier bouquet récolté par le Suisse du côté de Sion, Richard Chassot s'affirmait impressionné par ce coureur «qui sait comment gagner». Le Thurgovien n'en finit plus de lui donner raison, même s'il s'était déjà constitué un joli palmarès auparavant. Outre ses trois victoires cette année en Romandie, Albasini compte un Tour d'Autriche, un Tour de Grande-Bretagne et un Tour de Catalogne à son tableau de chasse. Il y a deux ans, sur la Vuelta, il s'était offert sa première victoire d'étape sur un grand tour. Sa deuxième a été épinglée sur son CV lors du contre-la-montre par équipes sur le dernier Tour de France.

Verdict dimanche

C'était attendu, le classement général n'a pas été bouleversé par cette 4e étape. Les hommes forts du peloton s'expliqueront donc dimanche autour de Neuchâtel, sur un contre-la-montre long de 18 km. Avant l'arrivée en grande pompe sur la pelouse de la Maladière, les meilleurs affronteront le vent - annoncé très fort -et une bosse de 3 km qui pourraient bien créer des écarts et décider du sort de l'épreuve.

Simon Spilak et Chris Froome lutteront pour le maillot jaune. Il y a actuellement une seconde entre les deux hommes. «Spilak est à un excellent niveau et j'essayerai dimanche de combler l'écart sur le chrono», a promis l'Anglais. «On verra dimanche. Je vais tout donner et on verra dimanche», s'est contenté de dire le très timide Slovaque. Derrière eux, Mathias Frank, Rui Costa et Vincenzo Nibali se tiennent en moins de dix secondes et vont se bagarrer pour monter sur la troisième marche du podium. Faites vos jeux!

Les échappés neutralisés

Au premier tour du circuit autour de Fribourg, cinq coureurs avaient pris la poudre d'escampette. Les fuyards, à l'heure d'aller chercher la petit côte qui agrémentait le parcours, ont tiré tout droit, dans le sillage de motos accompagnatrices. Le peloton, lui, a pris le tracé normal quelques minutes plus tard. Afin de rétablir l'équité, le jury de la course a décidé de neutraliser le groupe à l'avant pendant une minute et trente secondes. Le reste de l'épreuve s'est heureusement déroulé sur le même parcours pour tout le monde. Au final, le peloton n'a concédé que 9'' aux échappés. Cette petite incartade matinale a-t-elle fait la différence?

Course poursuite

Cinq coureurs sont sortis du peloton dès le départ: Bakelants, Vuillermoz, l'increvable Albasini, Marino et Voeckler. Le Belge, le Suisse et les trois Français ont compté jusqu'à six minutes d'avance, mais le peloton les a toujours gardés à portée de fusil. Ils y ont pourtant cru et ils ont eu raison. Le gros de la troupe s'est montré désorganisé par la suite et a laissé les fuyards, qui avaient perdu deux éléments entre-temps, s'expliquer à Fribourg. Pour le Suisse, qui avait déjà remporté deux étapes auparavant en réglant un petit peloton au sprint, dominer Voeckler et Bakelants sur le Boulevard de Pérolles a été une simple formalité.

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