Actualisé 08.06.2017 à 09:14

Haute-Savoie (F)Le jet-ski autorisé dans la partie française du Léman

Le boss d'une base de scooters des mers se frotte les mains: la justice a cassé deux arrêtés interdisant de naviguer avec ces engins sur le lac.

de
Maria Pineiro
Une base de jet-ski pourrait ouvrir déjà cet été sur le Léman, se réjouit Pascal Guarnieri.

Une base de jet-ski pourrait ouvrir déjà cet été sur le Léman, se réjouit Pascal Guarnieri.

Lucien Fortunati

«C'est une grande victoire», se réjouit Pascal Guarnieri. Après près de dix ans de bataille judiciaire, le gérant de Sealac Jet a obtenu gain de cause. Le 30 mai, le Tribunal administratif de Grenoble a cassé deux arrêtés préfectoraux, autorisant ainsi la circulation de jet-skis sur la partie française du Léman. La préfecture de Haute-­Savoie annonce prendre acte de cette décision. En période de réserve électorale, qui précède les législatives, elle n'a pas précisé sa volonté de recourir. Le département de Haute-Savoie a jusqu'au 30 juillet pour faire appel au Tribunal de Lyon.

Cette décision ouvre un vide juridique, explique Me Jean-Luc Giraud, avocat de Pascal Guarnieri: «Nous souhaitons discuter avec les autorités pour mettre en place une réglementation pérenne.»

L'entrepreneur, lui, s'enthousiasme: «Je vais ouvrir une base de jet-ski sur le Léman mi-juillet au plus tard. Je suis en discussion avec une mairie. J'ai quatre motos à disposition de mes futurs clients, précise-t-il. Et déjà beaucoup de demandes des deux côtés de la frontière.»

Au bout du lac, la police genevoise rappelle quant à elle que la pratique du jet-ski reste interdite dans les eaux territoriales helvétiques. «Les contrevenants risquent au minimum une amende, rappelle sa porte-­parole Chloé Dethurens. C'est au loueur d'informer les clients de la législation suisse et des frontières à ne pas dépasser.»

Une saga judiciaire vieille de dix ans

Pascal Guarnieri se bat depuis dix ans face à la préfecture de Haute-Savoie. La pratique du jet-ski sur le Léman est interdite par un arrêté préfectoral datant de 1989. En septembre 2014, la décision avait été cassée par un tribunal. La préfecture avait édicté deux nouveaux arrêtés en décembre 2014, autorisant uniquement les engins électriques à des horaires et dans des zones limités. Le 30 mai 2017, le Tribunal administratif de Grenoble était revenu sur ces deux arrêtés.

Colère du WWF

Responsable de la section genevoise du WWF, Jean-Pascal Gillig est consterné par la décision de la justice française. «C'est dramatique, cette décision va à l'encontre du plus grand nombre! Le lac est un milieu naturel riche en vie et un lieu de détente, inconciliable avec ces engins bruyants et polluants. Incitons plutôt la pratique de sports qui respectent l'environnement, comme le kitesurf ou le paddle.»

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