IAM: «Le jeunisme ne doit pas dicter sa loi dans le rap»
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IAM«Le jeunisme ne doit pas dicter sa loi dans le rap»

IAM est de retour avec «Rêvolution» qui sort vendredi 3 mars 2017. Les mythiques rappeurs marseillais n'étaient plus censés ressortir d'albums.

par
Fabien Eckert

En 2013, «Arts martiens» était présenté comme le dernier disque du combo. Quelle n'a donc pas été la surprise du public début janvier quand IAM a annoncé la sortie de «Rêvolution». Explications.

A quoi est dû votre retour?

Au succès commercial de notre précédent disque. Indirectement, c'est grâce aux fans qui l'ont acheté que nous sommes de retour. Ils ont permis de resigner avec notre label pour deux albums.

Vous avez retrouvé la niaque facilement en studio?

On ne l'a jamais perdue. C'est tout ce qu'on aime et tout ce qu'on sait faire. Qu'il y ait un album au bout ou pas. Parfois l'inspiration est là. Parfois pas. On n'a donc pas d'autre choix que d'être devant notre feuille pour ne pas passer à côté d'elle quand elle arrive.

Et qu'est-ce que vous y avez écrit, sur votre feuille?

Tout est dans le titre: «Rêvolution». Il y a du rêve, de la révolution et de l'évolution. On continue d'observer la société. On est inquiets, forcément. Oui, on a vécu une évolution technologique incroyable en quinze ans, mais des choses n'ont pas bougé. Comme le vivre ensemble.

Vous critiquez les réseaux sociaux sur «Monnaie de singe».

Aujourd'hui, ce sont plus des échafauds que des réseaux sociaux. On ne trouve pas normal d'être passible de poursuites en disant des choses dans les médias alors que sur le Net tu peux dire des atrocités et ne rien risquer. Par exemple, l'extrême droite française noyaute des forums et ne risque rien. On ne trouve pas normal non plus que des artistes valident le système des fausses vues sur YouTube. Ils achètent des vues. On nous l'a proposé mais on l'a toujours refusé. Les gens qui lisent «20 minutes» doivent comprendre que tout le système de YouTube, c'est du pipeau. Quand tu vois des vidéos à 40 millions de vues, c'est des Indiens qui sont payés pour cliquer dessus. Ça fausse tout. Y compris l'industrie du disque qui signe des artistes en fonction des vues. On vit dans le «Truman Show» là!

Vous fêtez en 2017 les 20 ans de votre album à succès «L'école du micro d'argent».

On s'en fout d'être des papys rappeurs! Il y a bien des papys rockers. Le tout est de ne pas concevoir le rap comme une musique où le jeunisme dicte sa loi. A 50 ans, on peut écrire des paroles qui touchent tout le monde. Tu sais, en sortant de notre concert au Montreux Jazz (NDLR: en 2013), on a rencontré une quinzaine de gamins de 16 ans qui avaient découvert notre musique soit par internet soit par leurs parents.

Comment expliquer qu'IAM touche autant de monde?

Des fans un jour nous ont dit qu'ils adoraient autant ce qu'on faisait que du metal. Ça ne nous étonne pas. Tout comme eux, on est des passionnés. Les fans de metal sont ceux qui ressemblent le plus aux vrais fans de vrai hip-hop. Il y a des ponts entre ces deux cultures. Il y a plus de similitudes entre notre culture et celle metal qu'avec de la variété.

Qu'allez-vous faire pour les 40 ans de «L'école du micro d'argent»?

On va organiser un grand loto!

IAM en concert pour les 20 ans de «L'Ecole du micro d'argent

Vendredi 10 novembre 2017, 20h, Arena, Genève. Infos et billets: www.livemusic.ch

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