Actualisé 04.08.2009 à 17:52

sondage controverséLe journal "Le Monde" interdit au Maroc

Les autorités marocaines ont interdit lundi soir la vente au Maroc du journal français «Le Monde».

Elles ne souhaitaient pas voir paraître un sondage du quotidien sur le bilan du règne du roi Mohammed VI.

L'édition de mardi n'a pas été autorisée à fouler le sol marocain à son arrivée lundi soir à l'aéroport de Casablanca, a indiqué à l'AFP un responsable marocain à Rabat.

Samedi, les autorités avaient saisi les deux derniers numéros des hebdomadaires indépendants marocains «TelQuel» et «Nichane», sa version arabe, qui publiaient le même sondage effectué en partenariat avec «Le Monde». Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) et Reporters sans frontière (RSF) avaient condamné cette saisie.

Mardi, le tribunal administratif de Casablanca a rejeté une requête du groupe de presse TelQuel réclamant l'annulation de cette saisie qu'il qualifie d'»illégale».

Avis positifs

Le sondage montre que l'action du souverain est approuvée par 91% de ses sujets. Mais les autorités marocaines ont mis en avant une question de principe et expliqué que sa publication était illégale car la monarchie ne peut au Maroc «faire l'objet d'un débat, même par voie de sondage», selon les termes du ministre de la Communication Khalid Naciri.

S'il confirme la popularité de Mohammed VI, ce sondage montre toutefois également les réserves des Marocains quant au bilan du roi dans la lutte contre la pauvreté et dans la promotion des droits des femmes.

Dès samedi, M. Naciri avait averti que si «Le Monde» maintenait la publication de ce sondage, le journal ne serait pas mis en vente. Le sondage avait été conduit du 27 juin au 11 juillet par l'institut LMS-CSA, filiale au Maroc de l'institut de sondages français CSA, auprès d'un échantillon représentatif de 1108 Marocains de plus de 18 ans.

«Surprise» en France

Mardi, la France s'est déclarée «surprise», regrettant la décision des autorités marocaines.

«Nous sommes particulièrement attachés à la liberté d'expression, protégée par le Pacte international des Nations unies relatif aux droits civils et politiques qu'a ratifié le Maroc, et à son corollaire, la liberté de la presse», a déclaré un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Romain Nadal.

(ats)

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