Actualisé 19.10.2009 à 14:56

Le journaliste Munthader al-Zaidi crée une fondation à Genève

Le journaliste irakien Munthader al-Zaidi, qui a lancé ses chaussures au visage de l'ex-président étasunien George W. Bush, crée une fondation à Genève.

Son but: aider les «victimes de la guerre d'occupation». Mais aussi demander une indemnisation pour les crimes commis en Irak.

Après l'invasion du Koweit par l'Irak, les Nations Unies avaient mis sur pied une commission d'indemnisation. Il n'y a pas de raisons que la réciproque ne soit pas vraie aujourd'hui, a-t-il déclaré par la voix de son interprète lundi devant les médias, à Genève. Se défendant de faire de la politique, il entend «expliquer qui est responsable de ce qui se passe en Irak.»

Mais la Al Zaidi Foundation aura pour objectif premier de venir en aide aux veuves, aux orphelins et aux handicapés irakiens. Munthader al-Zaidi prévoit notamment de mettre sur pied des ateliers de couture destinés aux veuves, afin de les sortir de l'isolement et de leur permettre de gagner décemment leur vie. Il entend aussi construire des écoles et des hôpitaux.

Offres de dons

Munthader al-Zaidi a reçu de nombreuses offres de donateurs. Il a décidé de ne rien accepter jusqu'à la création de sa fondation. De droit suisse avec siège à Genève, celle-ci sera constituée de 50'000 francs suisses, a indiqué son avocat Mauro Poggia, qui a organisé sa venue en Suisse. Si la fondation est en cours de constitution, son site internet est déjà ouvert.

Le journaliste irakien dispose d'un visa touristique Schengen de trois mois pour la Suisse. Il est arrivé à Genève mardi dernier, en provenance de Beyrouth. Accompagné de son frère Maytham, il entend se faire soigner en Suisse des suites des tortures subies et voyager en Europe pour faire connaître sa fondation.

Torturé

Revenant sur l'épisode qui l'a rendu célèbre en décembre 2008, Munthader al-Zaidi a expliqué qu'il s'agissait d'envoyer «un message au monde entier sur ce qui se passe en Irak.» Immédiatement arrêté, il a été torturé pendant trois jours par des Irakiens sur ordre des Etats-Unis, frappé par des barres de fer et des câbles électriques, la tête immergée dans l'eau.

Condamné à un an de prison, l'ancien correspondant à Al-Baghdadia TV a été libéré au trois quart de la peine le 15 septembre dernier, selon Me Poggia. Craignant pour sa sécurité, il s'est réfugié au Liban. «J'ai peur pour ma famille» à Bagdad, a-t-il souligné lundi.

(ats)

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