Actualisé 04.07.2013 à 04:15

Genève

Le juge qui a donné raison au WWF y cotise

Le magistrat qui a interdit au Canton de construire la plage des Eaux-Vives a dirigé l'association qui combattait le projet. La conseillère d'Etat Michèle Künzler n'y voit rien à redire.

de
Jérôme Faas
La plage rêvée par l'Etat le long du quai Gustave-Ador (ici, une image de synthèse) a du plomb dans l'aile.

La plage rêvée par l'Etat le long du quai Gustave-Ador (ici, une image de synthèse) a du plomb dans l'aile.

Olivier Bindschendler Tornare est juge au Tribunal administratif de première instance. Mercredi, le matin.ch évoquait ses liens passés avec le WWF. En effet, il a appartenu à son comité genevois. Aujourd'hui, il en reste membre cotisant. C'est lui-même qui l'indique, via le porte-parole du Ministère public. Or, il vient de donner raison à l'organisation environnementale contre l'Etat. Ce dernier perd le droit de réaliser une plage aux Eaux-Vives.

Pour le juge, pas de conflit

Conflit d'intérêts? Pas pour le magistrat, qui dit avoir informé les parties dès que l'affaire lui a été attribuée, fin 2010, par le hasard du tournus alors en vigueur. «Aucune demande de récusation n'a été formulée», déclare le Parquet.

Michèle Künzler était au courant

«C'est exact, confirme Michaël Flaks, directeur général de l'intérieur. Il n'y a aucune raison de douter de l'impartialité d'un juge.» La conseillère d'Etat Michèle Künzler renchérit. «Oui, j'étais au courant. De mon point de vue, on fait confiance à la justice. On sait que M. Bindschendler Tornare est sérieux.»

«Cela me dérange profondément»

Vice-présidente de l'association des amis de la plage, Sue Putallaz est moins tendre. «Cela me dérange profondément qu'un ancien membre actif du WWF ait traité cette affaire. Il aurait été sage qu'il se dessaisisse, et que l'Etat le réclame.»

Gravas du CEVA toujours utiles?

Si le calendrier originel avait été respecté, les travaux de la plage et ceux du RER transfrontalier auraient dû être menés de front. Le 1,4 million de m3 de terre excavé pour faire place au CEVA aurait dû servir à remblayer les rives des Eaux-Vives. Le retard pris par la plage empêche ce procédé. Mais la roue pourrait tourner. Actuellement stockés dans divers endroits du canton et de France voisine et réutilisés au besoin, les gravas pourraient prendre le chemin du lac si le projet venait à se décanter. (tpi)

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