Justice genevoise: Le jury populaire en voie de disparition

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Justice genevoiseLe jury populaire en voie de disparition

A Genève, le jury populaire vit en 2010 sa dernière année après 200 ans de bons et loyaux services.

D'intéressants procès se profilent pour ces douze derniers mois, dont celui lié à la débâcle de la BCGE et celui d'un homme accusé d'avoir égorgé une prostituée.

Genève est le dernier canton à connaître le jury populaire. Y renoncer n'aura pas été facile, surtout pour les avocats pénalistes, qui n'ont jamais caché aimer plaider devant le jury, car il possède ce regard externe qui manque aux magistrats professionnels rompus au fonctionnement de la justice.

Il aura fallu aller jusqu'à une votation pour mettre fin au jury populaire dans le canton. Pour ses adversaires, l'institution ne cadrait pas avec l'arrivée du code de procédure pénal suisse unifié en 2011. Une gymnastique organisationnelle bien trop lourde aurait été nécessaire pour maintenir cette tradition.

Dans une année, rendre la justice à Genève deviendra donc une affaire de professionnels et de spécialistes. En attendant cette échéance, le jury a encore son mot à dire. Le dernier gros procès avec cette institution sera probablement celui des responsables présumés de la débâcle de la Banque cantonale de Genève (BCGE).

Tirés au sort

Sauf recours improbable au Tribunal fédéral (TF), ce procès fleuve se tiendra en 2010, a confirmé Robert Assaël, l'avocat d'un des cinq accusés. Ces derniers devront répondre de leurs actes devant la Cour correctionnelle. Le jury sera composé de six citoyens tirés au sort. Ils devront être disponibles pendant plusieurs semaines.

Une autre affaire qui devrait occuper le jury populaire en 2010 est celle de «l'égorgeur des Pâquis». Cet homme est accusé d'avoir tué une prostituée en mai 2008. Il affirme l'avoir égorgée comme un mouton, a expliqué Me Assaël.

Violeur récidiviste

La Cour d'Assises devra également se prononcer sur le cas d'un homme accusé de deux viols et d'une agression sordide contre une dame de 93 ans dans le quartier des Pâquis en août 2008. Sous prétexte d'aider la vieille femme à porter ses courses chez elle, l'homme l'avait frappée pour la voler. Il avait manifestement l'intention de la violer mais il a été mis en fuite par des voisins.

Cet homme est aussi accusé de deux autres brutales agressions à caractère sexuel. Le prévenu, qui a déjà été condamné pour différents délits, est passé aux aveux.

(ats)

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