Actualisé 10.08.2007 à 15:58

Le Kosovo est toujours dans l'impasse

Belgrade - Trois médiateurs internationaux ont commencé vendredi à Belgrade la difficile mission de trouver un compromis sur le statut du Kosovo.

Cela alors que la Serbie refuse toujours l'indépendance que les Kosovars réclament.

L'Américain Frank Wisner, l'Allemand Wolfgang Ischinger et le Russe Alexandre Botsan-Khartchenko ont rencontré le président serbe Boris Tadic et le Premier ministre Vojislav Kostunica avant des entretiens ce week-end à Pristina avec les responsables kosovars.

«Notre travail (...) est de trouver une solution acceptable par les deux parties», a déclaré M. Wisner en ajoutant que la «troïka» était déterminée «à étudier toutes les options possibles». M. Botsan-Khartchenko a lui souhaité «une solution de compromis qui pourra être approuvée par le Conseil de sécurité de l'ONU».

Positions inchangées

Cette «troïka diplomatique» a été créée par le Groupe de contact, l'entité chargée d'aider au règlement des problèmes nés du démembrement de la Yougoslavie. Elle doit donner à Belgrade et Pristina «une autre occasion, peut-être la dernière, de trouver une solution négociée».

Mais sa mission s'annonce d'autant plus difficile que les leaders serbes et kosovars albanais campent sur leurs positions: les premiers refusent toute forme d'indépendance du Kosovo, les seconds, soutenus par plus de 90% de la population, rejettent toute autre solution.

Avant même de rencontrer les médiateurs, le Premier ministre kosovar Agim Ceku a estimé que les nouvelles discussions, qui ne doivent pas dépasser 120 jours, ne peuvent être que «le dernier ajournement du statut du Kosovo». «C'est un ajournement inutile (...) Nous resterons fermement sur nos positions». a-t-il ajouté.

Veto russe

Le dossier kosovar est revenu au Groupe de contact (Etats-Unis, Russie, France, Grande-Bretagne, Allemagne et Italie) après le refus de Moscou, allié traditionnel de la Serbie, de voter au Conseil de sécurité une résolution favorable à l'indépendance contrôlée.

Celle-ci avait été préconisée au début de l'année par le médiateur de l'ONU Martti Ahtisaari après 13 mois des négociations stériles entre Belgrade et Pristina.

Le Kosovo est administré par l'ONU depuis 1999. Dernier dossier en suspens après le démantèlement de la Yougoslavie, il est devenu un élément de l'affrontement diplomatique entre Washington et Moscou.

(ats)

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