Actualisé 11.11.2008 à 21:35

Municipales en Israël

Le laïc Nir Barkat élu maire de Jérusalem

Le candidat laïc Nir Barkat a été élu mardi à la mairie de Jérusalem, selon un sondage diffusé par une télévision israélienne.

Nir Barkat, 49 ans, aurait obtenu 50% des voix, selon ce sondage réalisé par téléphone pour la télévision Channel One. Meir Porush, 53 ans, a obtenu 42 % des suffrages, alors que le milliardaire d'origine russe Arcady Gaydamak n'aurait pas dépassé 7% des voix.

Juste avant la fermeture des bureaux de vote, à 22h00 (21h00 suisses), le taux de participation à Jérusalem atteignait 42%, selon les chiffres officiels. Les résultats officiels définitifs n'étaient pas attendus avant 01h00 mercredi (minuit).

Ces municipales se tenaient dans 159 localités, y compris dans les colonies de Cisjordanie et du plateau du Golan, ainsi qu'à Jérusalem-est, dont les habitants palestiniens peuvent voter.

Surenchère à droite

Tous les regards étaient tournés vers la Ville sainte, dont le futur statut est au centre des négociations entre Israéliens et Palestiniens. Depuis 2003, la mairie de Jérusalem était dirigée par Uri Lupolianski, un ultra-orthodoxe qui ne se représentait pas.

Les deux principaux prétendants se sont livrés à une surenchère à droite soutenant «l'indivisibilité de la capitale» afin de s'attirer les voix des électeurs d'une ville foncièrement conservatrice.

Le rabbin Porush, qui parle yiddish, est membre de Judaïsme unifié de la Torah, un petit parti religieux dont il est député à la Knesset depuis 1996.

Tensions entre orthodoxes et laïcs

Le vainqueur, un ancien parachutiste diplômé d'informatique et de gestion, a fait carrière dans des entreprises innovantes de haute technologie. Pour gagner, Nir Barkat serait parvenu a séduire une partie des quelque 30% de Juifs religieux modérés.

Ultra-orthodoxes et laïques vivent séparément à Jérusalem. Les premiers, en tenue traditionnelle noire, vont à la synagogue chaque samedi et à chaque fête religieuse. Les seconds fréquentent les bars et brasseries non casher.

Toute modification notable de ce modus vivendi est susceptible de provoquer des tensions, voire des violences entre les deux communautés. Jérusalem compte 750 000 habitants, dont un tiers de Palestiniens.

Boycott palestinien

Ces 250 000 Palestiniens de Jérusalem, qui ont un statut de résidents, peuvent voter pour les municipales, mais pas pour les législatives.

Cette année, ils ont toutefois été appelés une nouvelle fois à boycotter les élections par l'Autorité palestinienne, afin de ne pas cautionner l'annexion de la partie orientale et musulmane de la ville dans la foulée de la guerre de 1967.

A Jérusalem-est, la grande majorité des commerçants palestiniens observaient une grève pour dénoncer la tenue «d'élections sous occupation» israélienne.

Ballottage à Tel-Aviv?

A Tel-Aviv, coeur économique du pays, l'inconnue portait sur le duel entre Ron Huldaï, le maire sortant de tendance libérale, et le député communiste Dov Khenin, qui a mené une campagne sur le thème de l'écologie et dénoncé la politique de son adversaire qui a fait de Tel-Aviv une «ville pour les riches».

Ron Huldaï, élu facilement lors deux précédents scrutins, pourrait, selon les médias, être mis en ballottage. (ats)

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