Actualisé 29.09.2016 à 13:36

LNA

Le Lausanne HC a changé, Matteo Nodari en a profité

Le LHC a un nouveau style de jeu qui l'a, pour l'instant, propulsé en tête du classement de LNA. Cette évolution a permis à son No 88 de s'exprimer. Enfin.

de
Robin Carrel
Matteo Nodari, à gauche, réussit un excellent début de saison.

Matteo Nodari, à gauche, réussit un excellent début de saison.

photo: Keystone/Jean-christophe Bott

Décembre 2014, Matteo Nodari s'engage jusqu'en 2019 avec le Lausanne HC. Un défenseur offensif, à la relance sûr et au coup de patin aiguisé, cela ne pouvait pas faire de mal à un club vaudois à l'attaque anémique. Mais plus le temps passe et plus son arrivée ressemble à une erreur de casting. Le système rigide prôné par Heinz Ehlers ne lui permet pas de s'exprimer et le doute commence à le ronger.

«Quand je parlais avec Jan Alston (ndlr: le directeur sportif du club), il souhaitait que je joue mon jeu. Mais après, comme le coach n'avait pas une énorme confiance en moi, il me demandait de jouer simple, s'interrogeait le Tessinois de 28 ans. Je me suis posé des questions. Je signe pour quatre ans et on ne me donne pas de crédit pour faire ce que je sais faire… Une année et demi, c'était comme ça. Mais maintenant, on a bien commencé, j'aime bien comme on joue et je pense qu'on est sur la bonne route.»

5 points en 72 matches

L'année dernière, les spectateurs de Malley commençaient en effet à se poser des questions. Lors de ses 72 parties avec le maillot frappé du Lion, le natif de Lugano n'avait réussi que 5 assists. Un total famélique, bien loin des 17 points compilés en 49 parties de saison régulière avec Rapperswil en 2013-2014. Un an et demi à se retrouver en bout de banc ou en tribunes, suivre des consignes ultra restrictives, ça peut être long... «J'ai tenu le coup grâce à ma famille, a avoué le joueur. C'est vraiment difficile mentalement, quand tu as de hautes attentes. Tu vas à la patinoire et le coach te demande de faire autre chose que ton jeu… J'ai essayé de m'adapter et de jouer plus défensif, mais je savais que là n'étaient pas mes qualités. C'était difficile, mais c'est du passé.»

On l'a dit, on le répète, le Lausanne HC a énormément évolué cet été, avec l'arrivée aux commandes de Dan Ratushny. Et si les attaquants vaudois s'éclatent, les défenseurs eux aussi ont désormais le droit de s'exprimer totalement. Un exemple, M. Nodari? «L'année passée, je faisais une erreur, j'étais dehors! Maintenant, on est libres. Les défenseurs ont droit à la fantaisie. On a la confiance et on peut essayer des trucs. Il y a des situations, dans le jeu, où tu ne peux pas trop essayer, c'est normal. Mais c'est bon de savoir que si tu essaies et que tu te manques, ça va quand même.»

«Si tu rates, alors ce sera de ma faute»

Car l'ancien coach d'Olten et de Salzbourg a apporté une sacrée bouffée d'oxygène à un collectif étouffé sous les consignes depuis des lustres. «Je me rappelle, cette année lors d'un match, je restais derrière le filet pour attendre. Comme l'année passée en fait, a décrit l'ancien joueur de Lugano. L'entraîneur est venu vers moi et m'a dit: 'Matteo, je veux que tu patines.' Je lui ai répondu que si j'y allais, j'allais me retrouver seul contre cinq adversaires, car mes coéquipiers étaient en train de changer de bloc. Il m'a répondu 'non, tu patines et les autres vont arriver. Si tu rates, alors ce sera de ma faute'. Ca, ça te donne de la confiance et tu peux faire plus de choses. Autre exemple: à Berne, en prolongation, il n'a pas hésité à lancer la quatrième ligne. Ca veut dire aussi qu'il fait confiance à tout le monde. Certains entraîneurs ne jouent plus qu'à deux blocs en fin de match. Après, en play-off, si il y a des blessés, c'est dur…»

«Ce changement de coach a fait beaucoup pour moi. Actuellement, j'ai le même feeling que lors de ma meilleure saison avec Rapperswil. J'ai du plaisir à venir chaque matin ici pour m'entraîner, aller à la patinoire tout le temps et rester plus longtemps pour travailler», a souri Nodari. Jeudi matin, d'ailleurs, l'entraînement était «optionnel» et personne ne manquait à l'appel, malgré le retour tardif d'Ajoie, après le 16e de finale de Coupe de Suisse remporté in extremis 4-5 la veille. «Bon, on a presque tout gagné, alors ça aide pour l'atmosphère», a rigolé l'un des grands bénéficiaires des changements estivaux.

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