Actualisé 15.12.2019 à 20:31

MobilitéLe Léman Express: «un moment historique»

Le premier train du Léman Express a quitté Coppet (VD) dimanche à 5h03. Mais en raison de la grève en France, il s'est arrêté à Cornavin.

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nxp/leo

Le Léman Express est désormais opérationnel pour les usagers. Ce «moment historique» dimanche, attendu depuis plus de 100 ans, a été un peu gâché par la grève en France, limitant les trains entre les deux pays à un quart. Les perturbations vont se poursuivre lundi.

«Tous les trains étaient remplis à plus de 80%. Nous avons eu une grosse affluence», a indiqué dimanche en début de soirée à Keystone-ATS un porte-parole des CFF. A 05h03, plusieurs dizaines de personnes, surtout des officiels et des journalistes, étaient parties de Coppet (VD) dans le premier de ces véhicules.

Avant de retrouver à Cornavin celles du premier train venu d'Annemasse, premier à «gommer l'effet frontière» entre les deux pays, dans lequel avait pris place le conseiller d'Etat Serge Dal Busco. «C'est un moment historique», ont expliqué aussi bien des usagers que le patron des CFF Andreas Meyer. Un homme était accompagné de son fils de deux ans qui restera comme le plus jeune passager du tout premier train.

Pour autant, symboliquement, le lien facilité pour les transports entre les deux pays aura été un peu égratigné dès ce premier véhicule du plus grand réseau régional ferroviaire transfrontalier d'Europe. Annoncé jusqu'à Annemasse, celui-ci sera contraint de s'arrêter à la dernière gare suisse. Malgré tout, le premier mécanicien qui a conduit le train faisait alors part de sa «fierté».

Mario Werren se confie sur le Léman Express

Le directeur de Lémanis raconte ses souvenirs du CEVA et sa vision du futur.

Soutien de Pagani

La grève nationale en France, à laquelle s'ajoute un mouvement social local des cheminots, n'aura permis que de garantir une liaison sur trois entre Genève et Annemasse, en ajoutant l'effet sur deux RegioExpress par heure. Pas de quoi entamer la satisfaction de responsables politiques comme Rémy Pagani.

Le conseiller administratif de Genève soutient les revendications des employés côté français qui demandent une adaptation de leurs conditions aux coûts élevés par rapport au reste de leur pays. Et il souhaite déjà une extension du réseau.

Dimanche en début de soirée, Lémanis, la société qui exploite le réseau, annonçait le même dispositif réduit pour la journée de lundi où le Léman Express sera pour la première fois utilisé largement par les frontaliers. Dans le détail, tous les trains circulent normalement jusqu'à la dernière gare suisse.

En revanche, seule une liaison toutes les demi-heures rejoint Annemasse entre 06h00 et 22h00. En dehors de cette zone, des bus de remplacement sont encore prévus pour garantir les trajets. Autre effet, les trains RegioExpress, prévus deux fois par heure et par sens pour une halte seulement dans les gares principales du réseau, s'arrêteront à Cornavin.

Dizaines de milliers d'utilisateurs

Malgré tout, enthousiasme et soulagement étaient largement partagés. Arrivé début janvier, le directeur général de Lémanis Mario Werren admettait que la grève altérait un peu cette situation tout en ajoutant que le Léman Express ne serait pas toujours confronté à une telle période de perturbations.

Le Léman Express va rassembler chaque jour des dizaines de milliers d'utilisateurs dans près de 250 trains. Six trajets par heure et par sens sont prévus en semaine pour le segment du CEVA (Cornavin/Eaux-Vives/Annemasse). Sur cette partie, la durée du trajet doit être divisée de plus de moitié, insiste Lémanis. En revanche, samedi, la nouvelle ligne du tram 17 entre Genève et Annemasse a elle été lancée samedi sans perturbation.

Tout au long du week-end, les Genevois ou les Français seront venus à la rencontre de la nouvelle infrastructure du Léman Express, assistant à de nombreux concerts et animations ou à l'inauguration de certaines gares. Au total, environ 20'000 personnes se sont rendues sur ces différents sites le long de la ligne, selon Lémanis.

Le Léman Express avait été officiellement inauguré jeudi par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Constitué de 230 km et de 45 gares au total, le projet a pu être établi grâce à une nouvelle ligne ferroviaire entre elles. Le segment du CEVA a demandé huit ans de travaux, avec un coût proche des deux milliards de francs. (nxp/leo/ats)

«Le Grand Genève va avoir lieu»

Nombreux étaient les curieux à venir dans les gares dès le début de la matinée pour découvrir «leur» nouveau réseau. Plusieurs d'entre eux se sont levés exprès pour l'événement, comme ce groupe, très enthousiaste, croisé en cours de matinée à la descente du train à la gare Cornavin: «Ma première impression est qu'on ne s'en sort pas si mal, dit l'un d'eux. C'est confortable et il y a du monde». «Le voyage Genève-Annemasse s'est passé comme un clin d'oeil», ajoute une autre. «Le Grand Genève va avoir lieu, juge une autre passagère. On parle souvent des frontaliers, mais cela va aussi permettre aux Genevois de s'ouvrir et découvrir la France voisine. La frontière va s'effacer. En tant que citoyenne, je suis fière et je vois une ouverture que je ne voyais pas avant.» A la gare de Genève Champel, les premiers usagers ont été accueillis par un café et des croissants proposés par les Hôpitaux universitaires genevois (HUG), situés à côté. Le réseau va faciliter le quotidien de nombreux travailleurs de l'institution, estime une employée: «Des collègues qui commençaient leur service ou qui le terminaient ont pris le Léman Express ce matin, ça leur change la vie, explique-t-elle. Ils ne sont plus qu'à une dizaine de minutes d'Annemasse. C'était très attendu.»

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