Actualisé 21.05.2012 à 14:52

SyrieLe Liban entraîné dans la tourmente

La tension était vive au Liban lundi au lendemain du meurtre d'un dignitaire sunnite hostile au régime de Damas qui a dégénéré en violences dans un quartier de Beyrouth.

Le calme est revenu lundi matin, mais la tension est toujours dans l'ouest de Beyrouth.

Le calme est revenu lundi matin, mais la tension est toujours dans l'ouest de Beyrouth.

Des affrontements ont fait deux morts et 18 blessées lundi à Beyrouth, au lendemain du meurtre d'un dignitaire sunnite hostile au régime de Damas. Ces heurts font craindre un débordement de la crise syrienne dans le pays.

Ils ont éclaté au petit matin dans le quartier de Tarik el-Jdideh entre un mouvement libanais sympathisant de la révolte syrienne et un autre favorable au régime de Bachar al-Assad. Ces incidents interviennent à la suite de la mort d'un dignitaire sunnite tué dimanche par l'armée dans le nord du Liban, déjà fragilisé par des heurts confessionnels qui ont fait 10 morts ces derniers jours.

Le calme est revenu le matin, mais la tension était toujours palpable à Tarik el-Jdideh, quartier à majorité sunnite dans l'ouest de Beyrouth. La révolte en Syrie exacerbe les dissensions au Liban, qui a connu 30 ans d'hégémonie syrienne et est divisé entre adversaires et partisans d'Assad.

Les affrontements ont opposé des partisans du mouvement du Futur, à majorité sunnite et mené par Saad Hariri, chef de l'opposition libanaise hostile au pouvoir à Damas, et le Parti du courant arabe, une petite formation également sunnite mais qui est partisane du président syrien.

Le siège du Parti du courant arabe a été complètement incendié et portait des marques de balles, des dizaines de motos ont été brûlés et les vitres de voitures brisées.

L'opposition libanaise a accusé Damas de vouloir semer le chaos au Liban pour détourner l'attention de la crise en Syrie. Le mouvement du Futur a pointé du doigt «des mercenaires à la solde du régime syrien et de ses alliés au Liban» d'être derrière les troubles à Beyrouth.

L'armée accusée

La tension est montée d'un cran après la mort de Cheikh Ahmad Abdel Wahed, un sympathisant de la révolte syrienne et d'un cheikh qui l'accompagnait, par des tirs de l'armée. Selon les services de sécurité, l'armée avait ouvert le feu lorsque leur convoi ne s'est pas arrêté à un barrage dans la région du Akkar (nord), une version contestée par des témoins.

Son corps, enveloppé du drapeau libanais, du drapeau de la révolte syrienne et de celui du mouvement du Futur, a été transporté vers son village d'El-Biré dans le Akkar où des funérailles étaient prévues lundi après-midi.

Il y a une volonté de «provoquer des problèmes dans l'intérêt du régime syrien» et «ceux impliqués dans ce meurtre veulent exporter la crise du régime» au Liban, avait estimé M. Hariri dimanche. Vingt- un militaires, dont trois officiers ont été arrêtés pour interrogatoire, a indiqué une source judiciaire .

Dans les milieux sunnites, des voix se sont élevées pour accuser l'armée libanaise de faire le jeu du régime syrien.

(ats/afp)

Violents heurts dans la province de Damas

Lundi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les affrontements se sont déroulés notamment dans les localités de Jisrain et Kafar Batna, selon cette ONG, mais aucun bilan n'est disponible dans l'immédiat. Des explosions d'origine indéterminée ont été entendues à Deir Ezzor (est), selon l'OSDH. C'est dans cette ville qu'un attentat suicide à la voiture piégée a été perpétré samedi, faisant neuf morts et une centaine de blessés.

Les violences se poursuivent malgré la présence des observateurs de l'ONU chargés de surveiller une trêve instaurée le 12 avril en vertu du plan de l'émissaire Kofi Annan, mais qui est constamment violée. En plus des 48 victimes des bombardements, neuf soldats rebelles ont également été tués dans une embuscade tendue par les forces gouvernementales syriennes près de Douma. Les déserteurs ont été tués alors qu'ils effectuaient un retrait dans la localité de Jisr al-Ab, dans la nuit, selon l'OSDH.

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