Le Liban s'éveille sans président
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Le Liban s'éveille sans président

Le Liban s'éveillait sans président, après une journée marquée par le départ du président pro-syrien Emile Lahoud et le rejet de l'état d'urgence par le gouvernement anti-syrien de Fouad Siniora.

Nombre de Libanais craignent que la vacance du pouvoir, due à l'absence de consensus sur un candidat à la présidence, entre la majorité anti-syrienne et l'opposition proche de Damas emmenée par le Hezbollah, ne provoque une nouvelle poussée de violence dans le pays, plongé dans la crise politique depuis un an.

Le départ d'Emile Lahoud, allié de la Syrie au pouvoir depuis neuf ans, était l'un des objectifs de la majorité parlementaire, qui a tenté d'imposer l'un des siens à la présidence pour tourner définitivement la page de 29 ans de tutelle de Damas, après le retrait de l'armée syrienne en 2005. Le Hezbollah et les autres groupes de l'opposition ont bloqué le processus de désignation du chef de l'Etat en boycottant le scrutin au Parlement.

Les deux camps se rendent mutuellement responsables de l'impasse actuelle et d'atteintes à la Constitution, et bien qu'un nouveau vote soit prévu pour vendredi, rien n'indique qu'un compromis soit en vue.

Le commandement militaire s'est de son côté refusé à tout commentaire. Son chef, le général Michel Suleiman, qui est très respecté, s'attache à rester neutre.

Avant de quitter ses fonctions vendredi soir, Emile Lahoud a lancé que le gouvernement de Fouad Sinora était «illégitime et inconstitutionnel». «Ils savent cela, même si (le président) Bush dit le contraire!» Vers 22h, il avait publié un communiqué faisait référence à un «état d'urgence» au Liban, confiant le pouvoir à l'armée, mais le gouvernement; qui selon la Constitution doit approuver l'instauration d'un état d'urgence, a rapidement déclaré «sans valeur» cette mesure.

Deux milliers de partisans du gouvernement ont applaudi le départ de M. Lahoud dans un quartier musulman sunnite de Beyrouth, aux cris de «Dehors Lahoud!»

L'armée, placée en en état d'alerte depuis plusieurs jours, restait mobilisée pour empêcher d'éventuels affrontements entre les deux camps. Des centaines de soldats, des chars, des véhicules de transport de troupes blindés et des Jeeps surveillaient les alentours du Parlement, en centre-ville, ainsi que les routes conduisant dans la capitale. (ap)

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