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Congrès de l'UDCLe libre-échange agricole avec l'UE anéantirait les paysans de Suisse

Réunie en congrès samedi à Wauwil (LU), l'UDC suisse s'est livrée à un large état des lieux sur l'agriculture.

Très remontés contre Doris Leuthard, les démocrates du centre exigent que le Conseil fédéral renonce aux négociations internationales en cours.

«L'UDC est le parti des paysans», a rappelé son président Toni Brunner, qui a invité ses troupes à se montrer unies. «Nous sommes les seuls à pouvoir donner le ton en matière de politique agricole», a asséné le St-Gallois avant de s'en prendre, comme de nombreux délégués, au PDC et à Doris Leuthard. «La ministre de l'économie veut contraindre les paysans suisses au libre- échange», a-t-il dénoncé, avant toutefois de qualifier de signe positif le fait que le PDC soit prêt à en discuter.

Baisse de 50% des revenus

De nombreux élus et délégués ont pris la parole pour s'insurger contre la politique agricole menée par le Conseil fédéral et l'Union européenne. Selon le conseiller national Ernst Schibli (ZH), cette politique va conduire à la disparition pure et simple des producteurs agricoles d'Europe.

«L'ouverture des frontières avec l'UE provoquerait une baisse des revenus paysans de 50%», a mis en garde le président de l'Union suisse des paysans (USP) Hansjörg Walter. «L'UDC est favorable à la libéralisation du commerce sauf dans le secteur agricole», a poursuivi le conseiller national Marcel Scherer (ZG).

Les paysans helvétiques ne peuvent pas soutenir la concurrence des prix dans l'UE, a déclaré le conseiller national vaudois Jean- Pierre Grin. Les exploitations helvétiques sont plus petites, les coûts sont plus élevés et la législation est plus sévère qu'en Europe, a-t-il expliqué.

Soutenir l'auto-approvisionnement

Une ouverture des frontières augmenterait massivement la dépendance alimentaire envers l'étranger. «Nous ferions mieux d'encourager la production indigène et de soutenir notre taux d'auto- approvisionnement, qui ne se situe déjà plus qu'à 58%,» a ajouté M. Grin.

C'est pourquoi l'UDC exige que la Confédération abandonne les négociations avec l'UE sur un accord de libre-échange agricole. Selon les démocrates du centre, ce texte ne vise rien d'autre, à terme, qu'une adhésion à l'UE. Le parti demande aussi au Conseil fédéral de proposer l'exclusion de l'agriculture des négociations internationales menées dans le cadre de l'OMC.

Ces revendications ont été rassemblées dans une résolution adoptée à l'unanimité par le congrès. Le texte mentionne aussi la crise du lait. A ce sujet, l'UDC a décidé de se ranger derrière l'Interprofession du lait et l'USP.

Lait: arrêté urgent exigé

Le parti exige que le système mis au point par l'interprofession pour contrôler la quantité de lait produite dans le pays soit rendu obligatoire. Les démocrates du centre réclament un arrêté fédéral urgent.

Le système ne convainc pas tous les paysans UDC, car certains détails importants ne sont pas encore réglés. Mais le parti estime qu'il s'agit d'un pas dans la bonne direction pour stabiliser le prix de vente du lait. Depuis l'abolition du contingentement laitier, le prix du lait a fortement chuté car le marché n'arrive pas à absorber toute la production.

«Ce système ne satisfait ni les producteurs, ni les transformateurs de lait, mais il est le seul possible», a dit Hansjörg Walter. Selon le directeur de la Fédération suisse des producteurs de lait (PSL) Albert Rösti, donner un caractère obligatoire aux décisions de l'interprofession permettrait de contraindre d'éventuels profiteurs à participer au système.

(ats)

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