Le lifting d'un quartier fait râler les prostituées
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Le lifting d'un quartier fait râler les prostituées

LAUSANNE – Les abords du gymnase cantonal du Bugnon-Sévelin ont été modifiés. Les transexuels et leurs clients s'en plaignent.

«Ce qu'ils ont fait là, c'est pas bon pour les affaires! Cela dérange les habitudes de nos clients. J'espère qu'ils ne vont pas continuer à modifier les rues ici.» Luana n'est pas contente, mais semble fataliste. La tanssexuelle brésilienne s'adonne à la prostitution depuis trois ans à Sévelin. Elle ne comprend pas pourquoi des ruelles transversales dans le quartier ont été aménagées, il y a deux semaines, avec des bancs et des arbustes, et même fermées à la circulation. Car les nombreux clients potentiels aiment venir la nuit vadrouiller en voiture et faire le tour des bâtisses par ces rues. Une autre prostituée pense même que la Ville l'a fait exprès pour décourager la prostitution à Sévelin.

Doyen au gymnase du Bugnon sur le site de Sévelin, Jean-Paul Schuppisser dément une telle volonté. «L'établissement a ouvert à la rentrée 2004. Nous avons fait la demande d'un réaménagement, en parallèle à la démarche de la conseillère d'Etat Anne-Catherine Lyon auprès de la Ville. Nous sommes passés de 200 élèves à 430 cette année. Cela nous a motivés pour demander de disposer d'une vraie aire de récréation pour les gymnasiens, et d'augmenter la sécurité aux abords de notre bâtiment face aux trafic motorisé.» Jean-Paul Schuppisser précise aussi qu'à la fin de travaux de réaménagement, prévus en juin, un nouvel escalier en métal reliera Sévelin à l'avenue de Sébeillon.

Frédéric Nejad

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