Suisse: Le livret de service va vivre sa révolution numérique
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SuisseLe livret de service va vivre sa révolution numérique

Une motion pour un livret de service numérique a été acceptée au Parlement. L'armée, qui avait enterré un premier projet en 2007, doit rouvrir le dossier.

par
Pascal Schmuck
Zurich
La livret de service sous sa version papier, bientôt une image du passé?

La livret de service sous sa version papier, bientôt une image du passé?

DDPS

Le bon vieux livret de service de l'armée suisse pourrait vivre une révolution prochainement. «Il est collé et feuilleté comme si on était encore en 1980», se désole le conseiller national Marcel Dobler (PLR/SG).

Le député a déposé une motion pour que le Conseil fédéral s'attaque à une numérisation du livret, a-t-il expliqué dans les colonnes du Blick. «Une version numérique pourrait être remplie beaucoup plus rapidement», explique-t-il et cette solution permettrait de résoudre le problème des milliers de livrets qui sont égarés chaque année.

L'armée doit revoir sa position

L'idée de Marcel Dobler trotte depuis un certain temps déjà dans la tête des responsables du Département fédéral de la défense de la protection de la population et des sports (DDPS). Plus précisément depuis une dizaine d'années, lorsque les chefs de l'époque examinaient l'introduction d'une «version électronique» du livret de service.

Le projet a été enterré en 2007. Motif: aucune valeur ajoutée pour l'armée et manque de sécurité des données. Le livret 2.0 a donc été ajourné mais le postulat de Marcel Dobler a été accepté, forçant le DDPS à revoir sa position.

«En janvier 2018, le commandement a commencé à repenser le problème», a déclaré le porte-parole de l'armée, Daniel Reist. À la fin de l'automne, une «analyse de faisabilité» sera effectuée.

Des cours de répétition pour informaticiens

Un livret de service numérique serait le premier pas pour une cyber armée. Mais l'ancien patron et fondateur du site de commerce en ligne Digitec voit plus loin, avec des cours de répétition pour informaticiens. «L'armée pourrait ainsi créer une situation où tout le monde est gagnant.»

Pendant leurs trois semaines de cours, les informaticiens s'occuperaient de la maintenance et du développement des logiciels qui «permettraient de réduire de 80% la bureaucratie de l'armée». «Un département informatique rendrait le service militaire à nouveau attirant», souligne Marcel Dobler.

Celui qui a accompli son service comme grenadier de char estime que l'introduction de logiciels faciliterait le travail pour les demandes de congé, une tâche qui demande beaucoup de travail et de temps aux officiers. Or ce logiciel existe déjà, il a été développé par le soldat de milice Bomatter. «Il a fait preuve d'initiative, c'est exactement le genre de personne dont nous avons besoin dans l'armée.»

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