Santé: Le lobby des médicaments est un rouleau compresseur
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SantéLe lobby des médicaments est un rouleau compresseur

Pour Rudolf Strahm, «Monsieur Prix» sur le départ, c'est l'industrie pharmaceutique et son puissant lobby qui ont été la source de ses plus amères déception au cours de ses quatre années en fonction.

Le Surveillant des prix n'en est pas moins content d'avoir pu faire économiser quelques 300 millions de francs par an aux consommateurs. C'est ce qu'il a déclaré dans des interviews publiées samedi par plusieurs journaux alémaniques.

Il y a encore plusieurs domaines que Monsieur Prix aurait voulu examiner précisément. C'est ainsi qu'il proposerait en particulier à Pascal Couchepin de faire contrôler les bilans et les réserves des caisses-maladie par la Surveillance des prix. L'OFSP, auquel, revient actuellement cette tâche, n'a pas le marge de manoeuvre nécessaire. Les importations parallèles, selon Strahm, posent encore des problèmes. «Les problèmes majeurs du système sont ceux des conditions-cadre qui renchérissent les produits et ils ne sont pas résolus», a déclaré Strahm qui a quitté sa fonction, vendredi dernier, après quatre ans comme Surveillant. Des possibilités existent encore pour faire baisser le prix des médicaments et des appareils médicaux.

Pour l'ancien conseiller national bernois (PS), «l'industrie pharmaceutique est très influente et elle dispose à Berne d'un lobby capable d'écarter toutes les contraintes». Les opérateurs de Swisscom et Cablecom placent, eux aussi, sans cesse leurs intérêts particuliers avant les règles de la concurrence et l'activité des autorités de régulation. Le Surveillant n'a rien pu non plus contre les prix excessifs des places de cinéma qui sont en fait fixés par des sociétés internationales de distribution, «Un petit surveillant, à Berne, ne peut alors rien faire».

Les succès ont été enregistrés principalement par les baisses obtenues chez Cablecom, sur les prix des médicaments et les tarifs de traitement des eaux. Les CFF ont par ailleurs été empêchés d'introduire des suppléments sur les distances. La Surveillance des prix, selon Strahm, a permis aux consommateurs d'économiser près de 300 millions par an.

Dans les domaines où l'on ne put pas faire jouer la concurrence, estime Strahm, «il faut une régulation des tarifs indépendante afin que l'Etat n'abuse pas des citoyens», souligne encore Strahm. L'idée selon laquelle la libre concurrence crée automatiquement le meilleur prix a d'ailleurs été relativisée.

Le successeur de Strahm, le candidat du PDC Stefan Meierhans, actuellement chez Microsoft, entrera en fonction le 1er octobre. En septembre, l'intérim sera assuré par le directeur-adjoint, Beat Niederhauser. (ap)

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