Attentats du 13-Novembre: Le «logeur» d’Abdeslam écope du sursis

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Attentats du 13-NovembreLe «logeur» d’Abdeslam écope du sursis

L’homme qui a fourni un logement à Salah Abdeslam lors de sa cavale, en mars 2016, a été condamné jeudi à trois ans de prison avec sursis.

Salah Abdeslam et les autres accusés lors du procès.

Salah Abdeslam et les autres accusés lors du procès.

AFP

Une peine de trois ans de prison avec sursis a été prononcée jeudi à Bruxelles contre Abid A. qui avait hébergé Salah Abdeslam au domicile de sa mère en mars 2016, dans la capitale belge, à la fin de la cavale du seul membre encore en vie des commandos du 13-Novembre.

Le tribunal correctionnel de Bruxelles jugeait au total 14 personnes accusées d’avoir apporté une aide plus ou moins importante à certains auteurs des attentats du 13 novembre 2015 à Paris (130 morts). Parmi ces prévenus, quatre ont été acquittés et trois ont bénéficié d’une suspension du prononcé de leur condamnation, dans un jugement très nuancé.

Détenu depuis cinq ans et demi

Farid K., qui a été condamné mercredi au procès des attentats du 13-Novembre à deux ans d’emprisonnement et devait sortir de prison dans la soirée, a été placé en rétention administrative, a-t-on appris jeudi auprès de ses avocates.

Le Belgo-Marocain de 39 ans, détenu depuis cinq ans et demi, était jugé pour avoir fourni de faux papiers à la cellule jihadiste responsable des attentats qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis le 13 novembre 2015. Il est le seul des 20 accusés pour qui la cour d’assises spéciale n’a pas retenu la qualification terroriste: il a été condamné pour association de malfaiteurs en vue de commettre une escroquerie. Sa peine est la plus basse prononcée.

«Humiliation gratuite et injuste»

Dans son verdict, la cour a jugé qu’«aucun élément» ne prouvait qu’il connaissait «l’engagement idéologique» de son interlocuteur dans la cellule, ni qu’il savait à quoi les faux papiers serviraient. «Par décision administrative et sans qu’aucune décision n’ait été communiquée par la préfecture (des Hauts-de-Seine) à ses conseils, Monsieur K. a été privé de liberté, avant même qu’il puisse rejoindre sa femme venue le chercher devant la maison d’arrêt de Nanterre», depuis la Belgique où ils résident, a indiqué l’une de ses avocates, Me Fanny Vial. Elle a condamné «avec fermeté» une «humiliation gratuite et injuste», et une «immixtion de l’administratif sur le judiciaire».

La cour n’a pas prononcé d’interdiction du territoire français à l’encontre de Farid K., qui avait été transféré à la prison de Nanterre l’été dernier le temps du procès. Sollicitée par l’AFP, la préfecture a indiqué avoir prononcé à son encontre une mesure d’obligation de quitter le territoire en février.

«La loi permet au préfet de prendre des mesures d’éloignement envers les étrangers (y compris européens) dont le comportement représente une menace du point de vue de l’ordre public», a-t-elle justifié pour expliquer la mesure et le placement en rétention. «Monsieur K. sera éloigné vers la Belgique».

(AFP)

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