Vatican: Le majordome du pape interrogé par un procureur
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VaticanLe majordome du pape interrogé par un procureur

L'ancien employé du pape a subi mardi un premier interrogatoire devant la justice du Saint-Siège. Le procureur statuera d'un renvoi ou non devant un tribunal pour vol aggravé.

Paolo Gabriele pourrait obtenir une grâce du pape le cas échéant

Paolo Gabriele pourrait obtenir une grâce du pape le cas échéant

Un procureur du Vatican a commencé mardi à interroger l'ancien majordome de Benoît XVI inculpé pour vol de documents privés du pape. Il va déterminer si un procès doit être organisé.

Le Vatican a fait savoir que Paolo Gabriele, le majordome des appartements pontificaux, avait subi un «premier interrogatoire formel» en présence de ses deux avocats et d'un responsable judiciaire du Vatican, Nicola Piccardi, qui occupe la fonction de «promoteur de justice».

Le procureur, Piero Antonio Bonnet, doit ensuite décider s'il dispose de suffisamment d'éléments à charge pour ordonner le renvoi de Paolo Gabriele devant un tribunal pour vol aggravé.

Grâce possible

Le majordome, qui a la double nationalité italienne et vaticane, a été arrêté le 23 mai dans le cadre d'une enquête sur une série de fuites de documents confidentiels du Vatican dans les médias. Un grand nombre de documents de ce type ont été découverts dans ses appartements.

La période maximale de détention provisoire de Paolo Gabriele est de cent jours, a précisé Paolo Papanti Pelletier, juge du Vatican qui n'est pas encore impliqué dans la procédure.

Une condamnation pour vol aggravé est passible de six ans de prison mais d'autres chefs d'inculpation, comme divulgation de secrets d'Etat, pourraient être retenus au cours de la procédure, a ajouté ce juge.

En outre, «le pape peut intervenir à n'importe quel moment pour accorder son pardon» à l'inculpé et «au terme du procès, il peut le gracier», a indiqué cet expert, en soulignant que le code pénal du Vatican est basé sur celui du Royaume d'Italie (1889).

L'instruction va demeurer secrète afin de préserver les droits de la défense mais un éventuel procès serait public malgré la taille réduite du tribunal du Vatican, rarement utilisé, a poursuivi Paolo Papanti Pelletier.

Une seule personne inculpée

Les enquêteurs du Vatican et une commission de cardinaux cherchent à savoir s'il existe d'autres informateurs. Porte-parole du pape, le père Federico Lombardi a souligné que Paolo Gabriele demeurait la seule personne inculpée à ce jour.

Signe de l'ampleur du scandale, le cardinal Tarcisio Bertone, secrétaire d'Etat et à ce titre numéro deux du Vatican, a pris lundi l'initiative inhabituelle d'intervenir à la télévision pour qualifier les fuites de documents confidentiels d'attaque «féroce et ciblée» contre le pape et l'Eglise catholique.

Dimanche, un journal italien a publié de nouveaux documents montrant que Paolo Gabriele n'est pas la seule personne en possession de correspondances confidentielles du Vatican, ce qui alimente la théorie selon laquelle le majordome n'a pas pu agir seul et n'est qu'un pion d'une lutte de pouvoir plus vaste entre cardinaux. (ats)

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