Actualisé 25.01.2013 à 14:39

Ski alpinLe malaise est profond

Le Norvégien Aksel Svindal a enfin comblé l'une des rares lacunes de son prodigieux palmarès en remportant le super-G de Kitzbühel, vendredi. Les Suisses ont pour leur part enregistré une déroute historique.

de
Marc Fragnière, Kitzbühel
Silvan Zurbriggen n'y comprend rien.

Silvan Zurbriggen n'y comprend rien.

Défaites, les mines affichées dans l'aire d'arrivée en disent long sur le malaise que traverse actuellement l'équipe de Suisse de ski alpin. Le regard absent, Sandro Viletta ère comme une âme en peine dans les méandres de la zone mixte. Sans un mot et visiblement très abattu, Carlo Janka lui emboîte le pas. Quelles funestes pensées peuvent bien tourmenter les esprits déconfits de nos athlètes ?

Meilleur Helvète, Viletta s'est classé 29e à près de deux secondes du premier de classe Svindal. La seule consultation des statistiques en dit long sur la profondeur de la déroute des ambassadeurs de Swiss-Ski. Jamais dans l'histoire de la Coupe du monde de super-G, il n'avait fallu aller aussi bas dans un classement pour trouver la trace du premier Helvète. Les Suisses sont au fond du gouffre, et celui-ci semble abyssal.

L'incompréhension de Zurbriggen

Hébété, Silvan Zurbriggen doit se pincer pour être sûr qu'il ne rêve pas. Son cauchemar est bien réel: «L'instant est grave. Déjà à la troisième porte, je me suis senti mal à l'aise. J'avais l'impression que le ski allait tout droit. Je me suis retrouvé tassé sur l'arrière. Quand d'emblée tu n'es pas dans le rythme, ta tâche devient assurément insurmontable. C'est dur, très dur».

Le Valaisan respire un bon coup, cherche un brin de répit dans un long silence puis poursuit son déballage: «Je ne sais pas quoi vous dire. On a tout essayé pour sortir de cette mauvaise passe. J'ai cru que j'avais eu le déclic en super-G à Val Gardena (ndlr : il avait terminé 14e). Mais non. C'est triste. Surtout que je n'ai aucune idée de ce qui ne marche pas. A dire, c'est simple… Rien ne fonctionne».

«On manque de confiance et de conviction»

Complètement défait, le Haut-Valaisan continue son analyse à la forte résonance thérapeutique: «L'ambiance dans l'équipe est potable. On essaie de ne pas tomber dans le négativisme. Mais on voit bien qu'on manque de confiance et de conviction. Il n'y a rien à chercher sur le plan du matériel. Christof Innerhofer fait troisième aujourd'hui avec, les mêmes skis que moi».

Dans moins de 24 heures, Silvan Zurbriggen prendra un nouveau départ, écrira une nouvelle page. «C'est important de réussir à être suffisamment professionnel pour oublier cette mauvaise journée et attaquer la descente dans de bonnes dispositions. Il faut aborder la suite des événements positivement, en se remémorant les bonnes courses réalisées par le passé. Notre salut passera par un bon résultat, mais pour l'instant, on est perdus». Une belle lucidité qui mériterait de déboucher sur des lendemains enfin enchanteurs.

Dèf déjà fixé sur la descente

Coupable d'une grosse erreur de ligne après une mauvaise réception en début de parcours, Didier Défago peinait lui aussi à expliquer l'exécrable tableau helvétique. « Je n'arrive pas à expliquer notre déroute. C'est incroyable que je me retrouve dans les mêmes temps que mes compatriotes avec la faute que j'ai commise. Il faudra analyser nos manches pour comprendre pourquoi on est si loin. Pour ma part, si je ne commets pas mon erreur, je pense que j'aurais facilement récupéré une seconde. Quant aux autres, je n'ai pas d'explication. Je n'ai pas encore vu leurs manches ».

Troisième temps sur le dernier tronçon de la Streif, le Valaisan s'est juré d'emmener ces excellentes sensations dans la descente samedi. Au moins ça de pris !

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