Actualisé 01.12.2010 à 17:26

Paris (F)

Le Malien «tasé» est mort d'asphyxie

Le sans papier décédé mardi après avoir reçu deux décharges de Taser est mort d'une asphyxie, selon les résultats de l'autopsie.

Le Malien sans papier décédé mardi peu de temps après avoir reçu deux décharges du pistolet à impulsions électriques Taser lors de son interpellation à Colombes (Hauts-de-Seine) est mort d'une asphyxie, selon les premiers éléments de l'autopsie.

Le parquet de Nanterre s'est montré très prudent en annonçant mercredi les conclusions provisoires de l'autopsie, affirmant que pour l'heure "aucune cause certaine, unique et absolue du décès" n'avait été identifiée.

Selon les premières constatations, l'homme "est mort d'une asphyxie aiguë et massive par inhalation de gaz puisque du sang a été retrouvé dans ses poumons", a affirmé une porte-parole, ajoutant que l'état de son coeur "dur et contracté peut être en lien avec l'utilisation du Taser".

Toutefois, ces résultats vont être complétés très prochainement par une analyse toxicologique et une expertise anatomo-pathologique, c'est-à-dire un examen des organes, afin d'apporter plus de précisions.

L'homme en situation irrégulière en France est mort dans la nuit de lundi à mardi après avoir reçu deux décharges du pistolet Taser, trois décharges selon un témoin, pendant son interpellation, relançant les interrogations sur cette arme controversée.

Le maire PS de Colombes a affirmé que "si le Taser s'avérait être une arme létale, la question de son usage par les forces de police devrait être posée" et a appelé à un débat national sur la politique de sécurité.

Le Taser envoie une onde électrique de 2 milliampères pour 50.000 volts qui bloque le système nerveux, tétanisant la personne durant quelques secondes.

Sans attendre les résultats de l'autopsie, Olivier Besancenot (NPA), le Front de Gauche, le réseau d'alerte et d'intervention pour les droits de l'Homme (RAID-H) et le Mrap ont demandé un moratoire sur son utilisation.

C'est la première fois en France qu'une utilisation du Taser semble coïncider avec un décès. L'Inspection générale des services (IGS, "police des polices") est saisie d'une enquête par le parquet de Nanterre.

Gaz lacrymogène, coups de bâton de défense, les policiers ont expliqué avoir tout essayé avant de se servir du Taser, pour maîtriser un homme décrit par la police comme particulièrement violent et de forte corpulence.

Au moment du contrôle d'identité, à la suite d'un différend avec son co-locataire, l'homme a "pété les plombs" selon la police.

Il a tenté de s'enfuir dans les étages de l'immeuble avant de blesser avec un marteau quatre des huit policiers qui le poursuivaient. La police a alors fait usage du Taser.

Les décharges n'auraient pas eu d'effet sur lui, selon la police.

D'après les premiers éléments de l'enquête, deux pistolets Taser ont été utilisés et l'un d'entre eux, équipé d'une mini-caméra, a filmé la scène. Les images sont en cours d'analyse.

Les convocations ont été lancées par l'IGS pour entendre les voisins de la victime afin de les comparer à la version des policiers déjà entendus.

(afp)

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