«Astérix & Obélix au service de Sa Majesté»: Le manitou de la 3D aux service d'«Astérix»
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«Astérix & Obélix au service de Sa Majesté»Le manitou de la 3D aux service d'«Astérix»

C'est à Alain Derobe, que le réalisateur Laurent Tirard a confié la supervision de la 3D d'«Astérix & Obélix au service de Sa Majesté».

par
Fred Ferrari
Alain Derobe

Alain Derobe

Avec son ambition de divertissement familial international, «Astérix et Obélix au service de Sa Majesté» ne pouvait faire l'impasse sur la 3D. Laurent Tirard a donc fait appel au grand manitou «ès» stéréographie Alain Derobe, qui a travaillé sur «Pina» de Wenders. Il faut dire que le bonhomme est tombé dedans il y a 18 ans. «Dès la première fois, ça a été le coup de foudre, nous raconte-t-il avant denous projeter quelques rushes d'«Astérix et Obélix au service de Sa Majesté» lors de notre visite sur le tournage. Et je n'ai jamais arrêté depuis. A l'époque, il y avait peu de perspective d'avenir pour la 3D et je pensais pouvoir me la couler douce dans une sorte de pré-retraite. Et puis non! La faute à «Avatar»...»

A chacun sa vision en 3D

Selon Derobe, la 3D se doit d'abord d'être confortable. «Il y a une grande différence entre petit et grand écran. Ce qu'on voit sur l'un n'a rien à voir avec ce qu'on voit sur l'autre. D'où la nécessité de toujours regarder le résultat sur grand écran pour éviter de provoquer des maux de tête en raison d'effets indésirables. Car la règle essentielle, c'est de ne pas faire mal aux yeux. Toutes les visions sont physiologiquement différentes, il faut écouter ce que disent les spectateurs. C'est l'un des tors de certains stéréographes: ne se fier qu'à sa propre perception».

Quand chaque détail compte

Dans «Astérix & Obélix au service de Sa Majesté», elle est également «immersive». «Soudain, on est avec les personnages dans la BD», commente Laurent Tirard, pour qui ce résultat compense largement le rallongement de 15% sur le budget et le

temps de tournage. Il faut dire aussi, note Alain Derobe, que la 3D n'est pas utilisée de la même manière des deux côtés de l'Atlantique. En Amérique, on mise tout sur la technique pour régler le relief au mieux, et en Europe, on s'intéresse plutôt à l'aspect artistique. Dit plus directement, «les Américains se fichent de ce qui est derrière la vedette au 1er plan».

Entrez dans la BD

Alain Derobe, lui, préfère privilégier les corps et les dialogues, et rapprocher les acteurs pour que celui qui est au loin ne semble pas trop loin. «Le relief ne peut se faire que de près». Du coup, la 3D apporte une présence, une crédibilité supplémentaire aux décors et aux costumes. Comme le résume le stéréographe, «Astérix et Obélix en BD, c'est une histoire pour enfant qu'on regarde avec une certaine distance. Ici, en 3D, on a envie de rentrer dedans».

A en juger par les rushes que nous avons vus, ça a vraiment l'air d'être le cas!

«Laurent Tirard ne voulait pas de jaillissement. Ceux qu'on a dans le film sont nécessaires par l'histoire, pas pour l'épate. Par exemple il y a une scène avec des hallebardes. Dans un film à l'épate, les hallebardes iraient vers le spectateur, lequel ressentirait comme une menace, et donc aurait envie de reculer pendant quelques secondes, puis réaliserait le côté artificiel du procédé, ce qui le déconcentre, le sort du film. Nous, les hallebardes, elles viennent de la salle pour pointer en avant».

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