Tessin: Le mari meurtrier devant la justice
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TessinLe mari meurtrier devant la justice

Le procès d'un Tessinois accusé d'avoir tué sa femme enceinte avant de jeter son cadavre dans le lac de Côme (I) s'est ouvert jeudi devant la Cour d'assises de Lugano.

Un physiothérapeute de 33 ans risque entre dix ans de réclusion et la prison à vie. L'homme doit répondre d'assassinat et d'interruption illégale de grossesse. Le 26 mars dernier, il avait administré un somnifère à son épouse, une Tessinoise de 36 ans enceinte de quatre mois, à leur domicile de Castel San Pietro (TI). Il l'avait ensuite étouffée, a-t-il reconnu durant l'enquête.

Le couple s'est marié en 2002. Un an plus tard leur fils est né et une maison a été construite. Le bonheur du couple a cependant été perturbé par quatre avortements. Parallèlement, les rapports entre les époux se sont détériorés. La femme croyait qu'un deuxième enfant arrangerait tout.

Divorce envisagé

En novembre 2009, elle a entamé une thérapie aux hormones et est tombée enceinte. Ce qu'elle ignorait: son mari la trompait depuis des années avec des patientes consentantes et des femmes rencontrées sur internet.

Lorsqu'elle lui a annoncé en janvier 2010 qu'elle attendait un enfant, il était tombé fraichement amoureux d'une médecin avec qui il travaillait en clinique. Il prévoyait de divorcer.

Avec un salaire de 6300 francs, un divorce aurait cependant eu de sérieuses conséquences financières, d'autant plus que la maison du couple était hypothéquée.

On ignore si le physiothérapeute savait que sa femme attendait son deuxième enfant. Le procès devra déterminer le mobile du crime, mais surtout ce qui s'est passé durant les jours qui l'ont suivi. Car l'accusé a tenté de dissimuler l'assassinat après le 26 mars.

Près de la maison de George Clooney

Il avait caché le corps, dont il avait tenté de couper la tête, dans le coffre de sa voiture et envoyé plusieurs sms à des membres de la famille avec le portable de son épouse. Dans ces messages, elle écrivait prétendument qu'il ne fallait pas la chercher et qu'elle en avait assez de sa famille et du garçon du couple, âgé de sept ans.

Le physiothérapeute avait traversé la frontière italo-suisse au volant de sa voiture et jeté le cadavre dans le lac de Côme. Le 2 avril, le corps avait été repêché près de la résidence de l'acteur américain George Clooney dans la commune de Laglio. Deux jours plus tard, à Pâques, l'homme était arrêté et passait aux aveux.

Dans son acte d'accusation, la procureure Rosa Item parle d'un comportement particulièrement dénué de scrupules, pervers et égoïste. Devant les juges, l'accusé a répété qu'il ne peut faire aucun reproche à son épouse, une mère aimante et bonne ménagère. La vie affective et sexuelle du couple était en revanche tout sauf satisfaisante.

Ce meurtre a suscité une grande émotion dans la région et attiré des équipes de télévision et des journalistes d'Italie. Le verdict est attendu la semaine prochaine. (ats)

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