Exportations: Le matériel de guerre se vend de mieux en mieux
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ExportationsLe matériel de guerre se vend de mieux en mieux

Les exportations de matériel de guerre ont encore augmenté cette année.

Elles totalisent 508,1 millions de francs de janvier à septembre contre 499,1 millions pour la même période l'an dernier, selon les chiffres de l'Administration fédérale des douanes publiés jeudi.

Le record de 722 millions de francs réalisé sur toute l'année en 2008 pourrait être battu. Mais un recul au quatrième trimestre est également possible. Il est très difficile de dire ce qui se passera. Tout dépend du moment auquel chaque exportation autorisée a effectivement lieu, a indiqué à l'ATS Simon Plüss, chef de la section Contrôles à l'exportation/Matériel de guerre au Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO).

Durant les neuf premiers mois de l'année, les principaux pays destinataires ont été l'Allemagne (97,1 millions), l'Arabie Saoudite (66,4 millions) et le Danemark (65,9 millions). Le Pakistan, qui arrivait en tête l'an dernier, ne totalise plus que 1,5 million contre 91,4 millions pour les trois premiers trimestres de 2008.

Parmi les pays ayant importé pour plus de 10 millions en matériel de guerre figurent la Belgique (44,8 millions), les Etats-Unis (25,7 millions), les Pays-Bas (19,1 millions), le Chili (15,2 millions), la Malaisie (12,9 millions), la Suède (11,3 millions), le Bahreïn (11,3 millions) et le Brésil (10,1 millions). Les exportations vers l'Inde ont augmenté d'environ 700'000 francs à 3,3 millions alors que celles vers Israël ont drastiquement reculé, passant de 1,7 million à 175'606 francs.

Autorisation datant de 2006

Les armes livrées au Pakistan et à l'Arabie saoudite - principalement des systèmes de défense aérienne - se basent sur une décision du Conseil fédéral remontant au 15 décembre 2006, a précisé M.Plüss. Dans le cas de Riyad, l'exportation n'a eu lieu qu'en 2009 car le matériel devait encore être produit.

Un tour de vis a été effectué depuis. En mars de cette année, le gouvernement a accepté des demandes d'exportation de matériel de guerre vers l'Inde et la Corée du Sud mais a dit non pour l'Arabie saoudite, l'Egypte et le Pakistan.

Il n'en reste pas moins que les données publiées jeudi vont apporter de l'eau au moulin des partisans de l'initiative populaire pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre à un mois de la votation du 19 novembre.

Lettre au Conseil fédéral

Une polémique a en outre récemment opposé des universitaires à la ministre de l'économie Doris Leuthard. Dans une lettre au gouvernement, septante professeurs estiment qu'il ne respecte pas le droit qu'il a lui-même prononcé en posant en décembre 2008 de nouvelles conditions pour les ventes de matériel de guerre.

Les exportations vers les Etats-Unis, impliqués en Afghanistan et en Irak, devraient être interdites. Quant à l'Inde, elle a maille à partir au Cachemire. Après avoir critiqué une démarche partisane, Doris Leuthard a annoncé qu'elle allait modifier l'ordonnance en question en y précisant que les exportations sont autorisées pour des engagements armés dans le cadre des mandats de l'ONU.

Les chiffres publiés jeudi se basent sur les indications fournies par les exportateurs et reprennent les pays de destinations dans lesquels les armes seront utilisées mais aussi transformées en vue d'une éventuelle réexportation. Des statistiques plus détaillées sont fournies une fois par an et reprennent le pays de destination final, à savoir celui où la marchandise est définitivement utilisée. (ats)

Opposition massive

L'économie suisse se prononce en bloc contre l'initiative visant à interdire les exportations de matériel de guerre. Elle priverait un pan entier de l'industrie de toute base existentielle et détruirait 10'000 emplois, dont 3000 en Suisse romande.

L'industrie d'armement suisse dépend des exportations. Les entreprises écoulent la majorité de leurs marchandises à l'étranger. Un «oui» à l'initiative du Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA) le 29 novembre les contraindrait à mettre la clé sous le paillasson, ont mis en garde mercredi les milieux économiques. /ats

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